Répression antisyndicale à La Poste

La Nouvelle République, 12 décembre 2015 :

La factrice d’Issoudun, en conflit avec La Poste, a été licenciée pour faute grave. La CGT-PTT dénonce une sanction liée à ses actions syndicales.

La sanction est tombée. Geneviève Choubrac a reçu sa notification de « licenciement pour faute grave ». Cette factrice d’Issoudun faisait déjà l’objet d’une mise à pied à titre conservatoire, depuis le 10 septembre. Une mesure disciplinaire contre laquelle s’était élevé le syndicat départemental CGT-PTT, en octobre.

Quelques jours avant la convocation de Geneviève Choubrac, devant la commission consultative paritaire, les syndicalistes avaient recueilli plus de 1.000 signatures à une pétition de soutien à l’agent issoldunois.

« En dépit de cette mobilisation et contre l’avis de cette commission qui s’était prononcée contre la faute grave, la direction a décidé de licencier Mme Choubrac. Cette décision est injuste et scandaleuse, pour une agent qui n’a jamais eu de sanction et a toujours été bien noté. Sa seule faute est d’avoir voulu faire respecter ses droits : on lui a demandé un travail qui allait à l’encontre des prescriptions du médecin ; elle a juste voulu protéger sa santé en exerçant son droit de retrait. A travers elle, c’est l’organisation syndicale qu’elle représentait qu’on attaque », estime Angélique Bury, secrétaire départementale CGT-PTT.

Prête à saisir les prud’hommes

Entrée à La Poste en 1990, Geneviève Choubrac était devenue agent roulant, sur le site d’Issoudun, en février 2013. A cette même époque, elle a également pris des responsabilités au sein de la CGT, devenant « l’une de nos représentantes syndicales sur le site d’Issoudun. »

Le licenciement pour faute grave est motivé par la direction, dans un document de sept pages. « Un record. C’est la première fois qu’on voit ça », ironise Joël Flirden, membre du bureau départemental CGT-PTT. Dans cette lettre, la direction du Courrier Touraine-Berry détaille les « agissements » qu’elle juge « constitutifs d’une faute grave ». Elle reproche notamment à Geneviève Choubrac d’avoir « porté de graves accusations mensongères à l’encontre de [sa] hiérarchie qui ont été relayées par la presse mais aussi par le biais de tracts diffusés. […] » Ces « fausses informations » ont mis « en cause l’image de La Poste », estime la direction, pour qui « ces déclarations mensongères n’avaient d’autre but que de tenter de prouver a posteriori un motif au refus d’exécuter les consignes de la hiérarchie ».

La factrice a contesté son licenciement par écrit. Elle portera l’affaire devant les prud’hommes, si la décision est maintenue. « A 54 ans, elle n’a pas le choix. Elle doit continuer à travailler. Elle va donc demander la nullité de ce licenciement et sa réintégration », résume Yves Choubrac, son conseiller prud’homal qui va passer le relais à un avocat.

Une réponse à “Répression antisyndicale à La Poste

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s