Marseille : près de 40 000 ménages privés de prime de Noël

La Provence, 12 décembre 2015 :

Près de 74 % des bénéficiaires du RSA qui la percevaient sortent du dispositif.

Huit millions d’euros. Soit 0,6 % de son budget annuel. Voilà ce que le Conseil départemental économisera en supprimant la prime de Noël à près de 40 000 allocataires du RSA. Jusqu’ici, 53 760 foyers – sur les 72 000 bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) que comptent les Bouches-du-Rhône – la touchaient. Depuis 1998, celle-ci était versée, en une fois début décembre, sous conditions de situation familiale ; elle s’élevait à 115 € pour une personne seule, 155 € pour un parent isolé avec un enfant ou 465 € pour une famille au RSA de trois enfants et plus. « Nous n’étions pas sûrs que cette prime allait aux enfants », avait indiqué Martine Vassal, la patronne LR du Département, justifiant le besoin de « tenir » un budget contraint par la baisse des dotations d’État.

« C’est insupportable, on croit quoi ? Que les gens vont s’acheter une télé ou partir au bled avec, c’est ça ? », taclait, hier matin, le conseiller PS Denis Rossi qui, avec son groupe, avait voté contre la suppression de cette aide. La CGT Chômeurs, venue manifester sa colère sous les fenêtres du Conseil départemental, le dit aussi : « Si une famille utilise la prime pour payer son loyer ou sa facture d’eau, ça ne profite pas aux enfants, peut-être ? » Le RSA, rappelons-le, s’élève à 524 € pour une personne seule. Et son montant est amputé forfaitairement de prestations sociales comme l’allocation logement, ainsi que des heures de travail déclarées.

« On va voir des gens perdre leur autonomie »

En 2016, la seule aide accordée par le Conseil départemental consistera donc en chèques-cadeaux ; cette année, « faute de temps », l’assemblée a opté pour une aide de 50 € par enfant de moins de 12 ans. Mais les parents d’enfants plus âgés ou à naître, les personnes seules (33 913), les couples sans enfants sortent de tout dispositif de primes. Près de trois bénéficiaires sur quatre (74 %) qui, l’an passé encore, recevaient la prime, s’en voient privés.

Pour la CGT, cette mesure, après également la fin de la gratuité transports pour les demandeurs d’emploi (seules pourront en bénéficier les personnes en « recherche active » de travail et n’en ayant pas profité plus de douze mois) est une autre façon de « chasser les pauvres, les plus fragiles », proteste Emmanuel Roux. Le syndicat exige donc le rétablissement de la prime de Noël, « d’une vraie politique sociale et d’accompagnement à l’emploi ». « Là, on va voir des gens perdre leur autonomie », enrage Véronique, agent de Pôle emploi qui s’alarme aussi de « ce qui arrive en janvier. Les agences seront fermées l’après-midi, elles ne recevront plus que sur rendez-vous ». Hier, le Conseil départemental, contacté par nos soins, n’a pas donné suite à notre demande d’interview.

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