La grève partie pour durer à Latécoère

La Dépêche, 12 décembre 2015 :

L’usine Latécoère de Gimont a suivi celle de Toulouse dans la grève. Les salaires, mais aussi la levée des inquiétudes sur l’avenir du site, font partie des revendications.

Le site de Latécoère à Gimont est en grève, comme celui de Toulouse, et le mouvement est parti pour durer au minimum jusqu’à lundi. Selon les grévistes, entre 60 et 70 % des lignes de production sont stoppées.

En bleu de travail, groupés devant l’entrée du site, des dizaines de salariés et pas une pancarte. Marc Berger, un élu de la CGT à Latécoère Toulouse, insiste : «Ce n’est pas un mouvement lancé par la CGT. Nous sommes là à la demande des salariés, pour les encadrer. Aucun autre syndicat ne leur a répondu oui.»

Approbation unanime. Latécoère n’est pas souvent touché par une telle grève. «Mais là, y en a ras-le-bol. Latécoère a connu voilà quelques années de sérieuses difficultés financières, suite à des décisions prises par les directions précédentes. Aujourd’hui, la situation s’est assainie. Des fonds d’investissement sont arrivés.»

Les grévistes pointent du doigt les augmentations que se seraient octroyés les nouveaux membres de la direction… alors que les salaires 2015 ont été gelés ! «La direction avait décidé le gel des salaires en 2015, à un moment où nous étions dans le rouge, s’exclame un gréviste. Sitôt que ça va bien, ils se sucrent ! Trente ans qu’on travaille ici, pour certains, et des types à peine arrivés se servent ! Ce n’est plus une société d’aéronautique, c’est une société bancaire…»

Les salaires ne sont que la partie la plus visible du malaise. L’absence d’information sur les projets industriels de Latécoère inquiète aussi. «Les investisseurs qui sont entrés (à Latécoère, NDLR) ont sûrement des projets. Lesquels ? C’est stressant pour les ouvriers, mais aussi les cols blancs à qui on parle de sur effectif dans les bureaux d’études.» Les salariés mécontents se plaignent aussi de la fuite des personnels qualifiés vers d’autres entreprises. «Ils y trouvent des CDI directement et une reconnaissance qui est absente ici», assure un gréviste. Et ceux qui restent se font du souci : «Quel avenir a encore le site de Gimont, alors que les départs des chantiers vers des pays low cost se multiplient ? On délocalise l’activité en Tunisie, au Maroc, au Mexique, en Tchéquie…» Le tout dans un climat social qui s’est durci. A la gestion de proximité, à l’ancienne, s’est substitué un système de sanctions allant jusqu’au licenciement. «Sans parler des hausses de cas de burn-out», précise un salarié.

Face aux grévistes, pas de réaction. Reçus jeudi 3 décembre, après un débrayage de 2 heures, puis mardi 8, les salariés n’obtiennent ni rendez-vous ni réponse. Contacté, le directeur du site n’a pas souhaité commenter ce mouvement. Lundi, une assemblée générale devrait décider de la poursuite de la grève.

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