Genève : Les travailleurs sociaux s’unissent pour défendre leur secteur

La Tribune de Genève, 1 décembre 2015 :

Ils sont éducateurs, assistants sociaux, travailleurs hors murs, animateurs socioculturels, veilleurs de nuit ou conseillers d’orientation. Tous travaillent dans le secteur social, qui regroupe environ 4500 emplois à Genève. En ce jour de nouvelle grève, se considérant comme le parent pauvre des services publics, ils ont décidé, pour la première fois, d’unir leurs forces afin de défendre leurs prestations et dénoncer les mesures d’austérité décidées par le Conseil d’Etat. «Leurs conséquences seront dramatiques», ont-ils prévenu ce lundi.

«Depuis les grèves de novembre, on a beaucoup parlé des enseignants, de la police et des soignants, constate Thomas Vachetta, délégué du personnel au Service pour la protection des mineurs (SPMi). Il est temps de nous faire entendre! Notre nouveau front commun doit permettre de mieux faire comprendre l’importance du social et de défendre les moyens qui lui sont alloués. C’est le prix à payer pour préserver notre cohésion sociale, qui est relativement bonne à Genève.»

«On est toujours des privilégiés par rapport à d’autres, commente Guy Valance, délégué du personnel aux Etablissements publics autonomes (EPI). Mais on a besoin d’un Etat qui redistribue pour éviter une rupture sociale! Si les autorités veulent qu’on atteigne le niveau de la France, qu’elles le disent. On y est d’ailleurs déjà dans certains cas.» Des exemples? «Nous voyons 7000 à 8000 enfants par an à Genève. Nos moments de répit sont si rares que nombre d’entre nous craquent, relève Laurent Claude, délégué du personnel au SPMi. Résultat: le taux d’absentéisme varie entre 9 et 13%!» Guy Valance renchérit: «Quelque 100 places manquent pour le handicap mental et 100 autres pour le handicap psychique. Autant de personnes qui ne sont pas suivies sur le plan socio-éducatif. On atteint les limites.»

Camille Cuvit, éducatrice à la Fondation de la Jeunesse, évoque aussi les professionnels qui «peuvent travailler deux fois vingt-six heures d’affilée dans un foyer, au cours de la même semaine». Que dire encore du Foyer Piccolo, seule institution qui accueille des bébés en urgence… mais dont les douze places sont occupées en permanence.

Déterminés, les travailleurs sociaux descendront dans la rue ce mardi pour s’opposer au projet de budget du Conseil d’Etat et à la loi dite «personal stop» votée par le Grand Conseil. Ils participeront aussi à une assemblée générale commune, au Palladium. Une première lors d’une journée de grève qui pourrait bien signifier la naissance d’une association faîtière dans ce secteur. Les étudiants de la Haute Ecole de travail social s’associent à ce «réveil des travailleurs sociaux», selon les termes de Laurent Claude. «Comment poursuivre nos études en sachant que nous avons peu de perspectives d’avenir», s’inquiète Marie Leblanc Rigal.

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