Balkans : Bloquées aux frontières, des milliers de personnes victimes de discriminations

La Tribune de Genève, 24 novembre 2015 :

Seuls les réfugiés syriens, irakiens et afghans sont désormais autorisés à franchir les frontières dans les Balkans, laissant les autres réfugiés face aux barbelés et à l’incertitude.

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«Tuez-nous ou laissez-nous passer», pouvait-on lire ce week-end sur les pancartes des réfugiés bloqués à la frontière entre la Grèce et la Macédoine. Des Iraniens, les lèvres cousues, y ont entamé une grève de la faim pour protester contre la décision de la Macédoine, la Serbie, la Croatie et la Slovénie d’interdire le passage à ceux qu’ils appellent désormais les «réfugiés économiques», soit toutes les personnes ne disposant pas de papiers syriens, irakiens ou afghans.

Plus de 400 personnes, dont 200 cents Iraniens», se trouvent ainsi bloquées derrière les barbelés que vient d’installer la police macédonienne, selon Alexandra Krause, coordinatrice d’urgence du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU en Macédoine. Elle rappelle que cette décision «va à l’encontre du droit à l’asile, qui doit examiner les cas individuellement selon la notion de persécution, et pas de nationalité».

À Belgrade, l’information a circulé à la vitesse de l’éclair. Du jour au lendemain, «on n’a plus vu d’Africains, de Pakistanais ou de Bangladeshis», témoigne Tijana, bénévole dans un centre d’information, qui s’inquiète de les voir se cacher. Les organisations internationales craignent maintenant une recrudescence des trafics, notamment de passeports, et du recours aux passeurs.

À quelques mètres de ce centre, les réfugiés qui s’abritent de la pluie en sirotant un café hésitent un court instant avant de donner leur nationalité. Ceux qui répondent se disent tous Afghans, comme Anayat Maroofzai. «Après ce que nous devons traverser pour arriver ici, personne ne reviendra en arrière. Tout le monde trouvera un moyen de passer», assure-t-il, montrant des blessures qu’il dit avoir reçues de la police bulgare. Željko, qui travaille avec Tijana, a reçu un sms d’un Nigérian passé il y a quelques jours : «Il est arrivé en Autriche hier».

Lana Radovanovi?, spécialiste des réfugiés et chercheuse au Centre pour la politique européenne, think tank basé à Belgrade, craint qu’ «ils n’empruntent une route plus dangereuse, via l’Albanie et la mer Adriatique». Plusieurs heurts ont déjà eu lieu entre la police macédonienne et les réfugiés qui tentaient de franchir, à tout prix, la frontière vers l’Europe. (TDG)

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