Turquie : Déloger un régime fascisant par des élections, mission impossible

Communiqué de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Un régime fasciste peut arriver au pouvoir par des élections, mais qu’il en soit viré par ces mêmes élections c’est un pari difficile. Les dernières élections en Turquie le prouvent.

Alors que beaucoup s’attendait à un recul logique de l’AKP, le parti fascisant, réactionnaire et clérical d’Erdogan, dans la continuité des élections du mois de juin et surtout parce que tout le mouvement social, les manifestations, les grèves, depuis quelques mois montrait le rejet de ce pouvoir dictatorial, lors des élections dimanche dernier l’AKP arrive tout de même à la première position avec la moitié de soufrages exprimés.

Le fait que sa « victoire » ait été saluée par une bonne partie des gouvernements, notamment occidentaux, ne devrait pas nous faire oublier qu’elle a été surtout due à une forte répression contre la population et les forces progressistes en Turquie, à la censure et fermeture des médias indépendants. C’est une « victoire » entachées par des meurtres, des violences, des tricheries… y compris le jour des élections. Les violences organisées par l’AKP avec tous les outils à sa disposition : médias étatiques totalement sous contrôle, police, armée, militants et milices de ce parti ainsi que d’autres groupes et partis nationalistes ou religieux. Même Daesh a été totalement mobilisée dans la campagne d’Erdogan allant jusqu’à commettre un attentat à Ankara, en totale complicité avec le régime, qui a couté la vie à plus de 100 personnes, parmi lesquelles les militants et militantes des organisations syndicales, de gauche et d’extrême-gauche.

Toutes les élections ne sont que des mascarades bourgeoises, mais certaines comme celle du dimanche dernier en Turquie peuvent avoir des conséquences bien plus dramatiques. Erdogan et l’AKP ont eu la majorité nécessaire pour gouverner tout seuls et aussi, avec l’appui d’autres formations nationalistes arriver à leur objectif de longue date, à savoir : modifier la Constitution et pousser la Turquie vers davantage de dictature. Aux yeux d’Erdogan, les turcs ont voté pour « la stabilité » mais cette stabilité sous-entend surtout « légitimer » la continuité de ce pouvoir fascisant et sa répression et ses attaques contre les droits des femmes, les acquis sociaux, les droits humains des populations qui se révoltent, comme au Kurdistan, et plus généralement contre toute force progressiste présente en Turquie.

Aujourd’hui, plus que jamais, il est nécessaire d’exprimer notre solidarité avec les forces progressistes en Turquie, notre solidarité avec nos camarades qui luttent au sein de leurs boites et ailleurs contre cette tranche la plus réactionnaire du pouvoir bourgeois, confirmer notre total soutien aux organisations et militantes féministes qui se battent contre l’emprise religieuse dans la société et contre le recul des droits des femmes, soutenir ces jeunes dans des villes à travers la Turquie qui luttent contre l’offensive des fascistes et obscurantistes et contre toutes les divisons nationalistes et religieuses.

Finalement, montrer à toutes celles et tous ceux en Turquie, qui aspirent à la liberté, une vie décente et un monde meilleur, ne sont pas seul-es.

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