Montauban : La grève se poursuit à la clinique du Pont de Chaume

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La grève se poursuit aujourd’hui à la clinique du Pont de Chaume. L’accès à la clinique sera bloqué par les grévistes à l’exception des piétons et des ambulances. Les grévistes dénoncent les conditions de travail dégradées depuis plusieurs années, qui, selon eux, ne permettent plus de dispenser des soins de qualité et d’assurer la sécurité des patients. Dans un tract largement distribué aux automobilistes, la CGT met en exergue : «la marchandisation de la santé en quête de profit. «On nous demande toujours plus de productivité et d’efficacité avec de moins en moins de personnels. On arrive à faire un travail d’usine, sans pouvoir consacrer le temps nécessaire à chaque malade» lance cette soignante. Hier, malgré une première entrevue avec la direction et un échange de mail, aucune solution n’a été trouvée pour désamorcer le conflit. Chacune des deux parties campant sur ses positions. Le directeur de la clinique proposant des négociations à partir de ses propositions, rejetées par les représentants CGT.


  • Gauthier Escartin, Directeur de la clinique du Pont de Chaume

Les réquisitions bloquent toujours les négociations. Où en êtes-vous actuellement ?

A ce jour, c’est la 4e «négo» avortée. J’estime que les réquisitions sont légitimes, mais si les grévistes mettent en préalable la réquisition, c’est impensable, à moins qu’ils ne deviennent raisonnables. Je tiens à rappeler que c’est l’ARS qui évalue le bien-fondé des réquisitions et c’est le préfet qui décide et engage les modalités légales. C’est juste une sécurisation des patients.

Qu’en est-il des revendications salariales ?

Pour ma part, je ne comprend pas cette radicalisation alors que jusqu’à présent le dialogue était constructif avec des avancées significatives. En termes de revalorisation de salaires, depuis fin 2012 l’entreprise a lâché + de 900 000 €. Les employés sont au-dessus des grilles de salaires de + 15 %. Nous avons investi un million d’euros pour l’amélioration des infrastructures et nous avons embauché 45 personnes en CDI. Les salariés sont augmentés de 1 % en moyenne chaque année, alors que l’inflation est à 0 %. Depuis mon arrivée, j’ai donné le treizième mois, un jour de congé supplémentaire, mais la baisse des tarifs a fait perdre 800 000 euros de résultat à la clinique. Le secteur de la santé perd de l’argent et depuis 2012, nous n’avons toujours pas épongé les pertes de l’exercice précédent et cette situation devait se débloquer en 2016. On est obligé de réduire les pertes. Il est impossible de donner 500 € de prime de fin d’année à tous les salariés. Tout n’est pas parfait, mais il faut raison garder et chacun doit faire des efforts.

Comment gérez-vous la grève en interne ?

Les 52 salariés grévistes sont concentrés sur les services qui nécessitent les requisitions. Les autres centres de dialyse ne pouvaient pas accueillir nos malades et pour faire fonctionner la dialyse, la chirurgie et la chimio, nous avons besoin d’une réanimation. Aujourd’hui, sur les 300 patients de la clinique, il n’en reste plus que 60 hors dialyse. Mais le bloc, la maternité, la chimio, la médecine, les consultations et les urgences fonctionnent.


  • Christophe Couderc,Secrétaire général du syndicat CGT de la clinique

Les négociations sur les réquisitions ont-elles évolué ?

Après le clash vendredi avec l’ARS, qui a imposé 22 réquisitions pour l’unité de réanimation, l’unité de soins continue et la dialyse, ce qui est énorme, car des équipes entières étaient réquisitionnées, nous avons rencontré à nouveau la responsable en fin de matinée et on espère une évolution dans le bon sens au moins pour la «réa». Mais on a l’impression de se faire berner et que l’ARS ne prend pas ses responsabilités. Dans le service de dialyse, il y a des non-grévistes et du fait des réquisitions, 8 en dialyse et 1 pour la réa, on est en sur effectif. Pour justifier ces réquisitions on met en avant la sécurité des patients, alors que tout le reste de l’année, tout le monde s’en fout. Je tiens à rappeler que l’établissement est privé et de ce fait n’a pas d’obligation de service minimum. Mais nous sommes les premiers concernés par la sécurité et le bien-être des patients. Notre mouvement de grève va dans ce sens.

Sur quels points portent les désaccords ?

Le directeur ne veut pas négocier sur les grilles d’avancée de carrière, qui prétent-il doivent être négociées au niveau national. Le patronat tient le langage inverse et aujourd’hui, on ne peut pas négocier dans les entreprises sans rapport de force. C’est le discours habituel et la même stratégie. Il y a de l’argent pour tout sauf pour les salariés.

Pensez-vous que les négociations vont pouvoir enfin démarrer ?

Pour le moment il n’y a aucune avancée significative. Nous avons rencontré le directeur en début d’après midi et il doit nous contacter pour nous soumettre de nouvelles propositions. Nous attendons de véritables négociations au niveau des salaires, et sur les bases de nos revendications et non pas sur celles de la direction qui nous propose un intéressement. Nous ce que nous voulons, c’est une vrai révalorisation de nos salaires et aujourd’hui, on veut être entendu, mais ça risque d’être long. En attendant, nous poursuivons notre mouvement de grève. On ne s’arrêtera pas tant qu’on ne se sera pas mis d’accord sur les bases d’une vraie négociation.

 

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