Tout se jette, rien ne se garde ?

Article publié dans « Communisme-Ouvrier n°58« , bulletin de l‘Initiative Communiste-Ouvrière :

L’Assemblée nationale a voté en juillet une loi sur l’obsolescence programmée (le fait de fabriquer un produit dont la durée de vie est volontairement limitée). Cette loi était réclamée depuis longtemps par les associations de défense des consommateurs ou de protection de l’environnement.

L’obsolescence programmée entraîne un immense gaspillage de matières premières et de travail.

Elle participe à la destruction de l’environnement et du climat. Mais cette loi n’instaure qu’un « délit d’obsolescence programmée » et l’obligation pour le fabricant de fournir les pièces détachées pour que l’objet puisse être réparé.

Oui, mais comment condamner l’obsolescence programmée comme un délit alors qu’elle est au cœur même du mode de production capitaliste ? Les entreprises y produisent pour vendre et faire des profits. Elles ont intérêt à ce que ces produits soient renouvelés suffisamment souvent pour pouvoir en vendre de nouveau aux mêmes personnes. Une machine à laver qui durerait 40 ans est moins rentable pour le fabricant que s’il peut en vendre 8 qui durent 5 ans. Ainsi les entreprises ont plus intérêt à produire des machines fragiles, des collants qui filent, etc., que des produits qui vont durer : la rotation rapide du capital est l’un des principes essentiels du capitalisme.

En les contraignant à produire délibérément des objets de mauvaise qualité, le capitalisme entraîne également une désaffection croissante des ouvriers pour leur travail. Or, le désir de produire des choses utiles à d’autres êtres humains est une condition indispensable de l’épanouissement dans l’activité productive.

Distinguer l’obsolescence programmée du reste de la production n’est donc pas évident. C’est ce qui explique le flou de cette nouvelle loi. Et il ne suffit pas de la voter : il faut la faire appliquer.

Pour cela, il faut que des personnes portent plainte, que cela entraîne un jugement et que le juge confirme que le fait jugé relève bien de l’obsolescence programmée. Un parcours du combattant long et coûteux. Lutter véritablement contre l’obsolescence programmée nécessite une réorganisation intégrale de la production sur des bases nouvelles, respectueuse de l’environnement, des travailleurs et des consommateurs. C’est le programme communiste.

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