Genève : En lutte contre le plan d’austérité

Tribune de Genève, 23 septembre 2015 :

Budget 2016 : Les syndicats des fonctionnaires acceptent de rencontrer le Conseil d’Etat pour parler budget, mais ils sont déjà sur le pied de guerre.

Comme il fallait s’y attendre, les nouvelles mesures d’économies proposées par le Conseil d’Etat lors de la présentation du budget 2016 de l’Etat restent en travers de la gorge du Cartel intersyndical de la fonction publique. Mardi, une assemblée des délégués a néanmoins décidé de tenter de négocier le retrait de ces mesures, et donc de répondre à l’appel du gouvernement à entamer des discussions. En cas d’échec, un mouvement de grève serait lancé à la mi-novembre au sein de l’Etat et du secteur subventionné.

Pour rappel, le programme d’économies touchant les fonctionnaires prévoit le gel des annuités, l’augmentation du temps de travail de 40 à 42 heures et une simplification des procédures de licenciement. L’objectif financier est de réduire, à terme, de 5% les charges de personnel. «Que les choses soient claires, nous n’allons pas discuter de notre mise à mort, commente Marc Simeth, le président du Cartel. Nous irons exprimer notre mécontentement et apporterons nos propositions.»

Trop mis à contribution

Trop, c’est trop, ajoute Patrick Flury, membre du comité: «En plus de l’effort global demandé à l’ensemble des contribuables, la fonction publique paie aussi la facture sur ses conditions de travail. Elle passe deux fois à la caisse!» Son collègue Bilal Ramadan a fait ses calculs: «La moitié du manque à gagner que va provoquer la réforme de l’imposition des entreprises, ce sont les fonctionnaires qui vont la payer.»

Autre argument. «Diminuer les charges de personnel de 5%, cela représente la disparition de 1800 postes, assure Patrick Flury. C’est autant d’emplois qui ne seront pas proposés sur le marché du travail.»

Au fond, pourquoi aller discuter alors qu’on est d’accord sur rien? «C’est la manière dont on cherche à nous imposer ces mesures qui n’est pas acceptable, répond Bilal Ramadan. Augmenter le temps de travail, ça se discute si les collaborateurs reçoivent quelque chose en échange. Là, il n’y a rien. Cela pourrait être l’assurance du respect des mécanismes salariaux ou des garanties pour la caisse de pension.»

Un malaise général?

Le Cartel est certain que les prestations seront affectées par ce train de mesures. «Il serait temps de parler de ce qu’on veut pour Genève, quelle qualité de prestations publiques, suggère Marc Simeth. Après tout, c’est aussi pour cette qualité que les multinationales viennent à Genève.»

L’espoir de convaincre le Conseil d’Etat étant ténu, l’assemblée des délégués a décidé de préparer la lutte dès maintenant. «Aujourd’hui, même les cadres s’inquiètent de la détérioration des relations de travail, conclut Bilal Ramadan. Ce qui est en train de prendre forme, c’est un front unitaire très large.» (TDG)

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