La prostitution, atteinte globale à la dignité humaine

Article publié dans « Communisme-Ouvrier n°57« , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Depuis de longues années, les « entrepreneurs » du marché du sexe font pression pour obtenir une reconnaissance économique de la prostitution, et de toutes les formes d’activités qui y sont associées, comme « travail sexuel ». L’orientation prise par Amnesty international en août intervient ainsi dans la continuité d’une tendance plus générale à légitimer la prostitution en tant que travail.

Dans sa « Ligne de conduite relative à l’obligation des États de respecter et protéger les droits humains des travailleurs et travailleuses du sexe et de les laisser exercer ces droits », le bureau international d’Amnesty sous-estime gravement les violations et la violence que les personnes prostituées subissent.

Même s’il était possible de supprimer l’élément criminel qui contrôle le marché du sexe, cette « solution » peut être comparée à une tentative de réglementation de l’esclavage en tant qu’industrie. Or l’abus, c’est l’esclavage, c’est la prostitution, en tant que tels.

Toute la prostitution est construite sur un mensonge : « elles aiment ça ». Et c’est ainsi qu’on insiste sur (qu’on invente ?) une distinction entre prostitution forcée et volontaire. Lorsqu’une femme demeure dans une relation abusive avec un partenaire qui la bat, ou même lorsqu’elle défend ses actes, personne n’ose dire qu’elle est volontairement dans cette situation. On reconnaît toute la complexité de sa soumission. Comme pour les femmes battues, les personnes prostituées nient souvent les abus dont elles sont victimes si on ne leur propose pas d’alternatives significatives.

Seule une politique volontaire et globale contre les violences faites aux femmes et pour l’émancipation économique, sociale, politique et sexuelle de celles-ci pourra répondre à ces besoins : c’est le système capitaliste et patriarcal qu’il faut renverser.

Dans l’immédiat, les personnes en situation de prostitution doivent pouvoir sortir de la précarité, obtenir des papiers, avoir accès aux soins et acquérir les moyens d’un (vrai) libre choix.

La sexualité ne s’achète pas et l’on ne doit pas pouvoir acheter le consentement de l’autre, quels que soient sa situation et son genre.

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