Pérou : un gisement pétrolier retiré à une compagnie canadienne au profit d’une compagnie publique

Lima, Pérou | AFP | vendredi 04/09/2015

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Le Parlement péruvien a décidé jeudi soir, malgré les avertissements du gouvernement, de transférer à la compagnie pétrolière publique Petroperu l’exploitation du plus important gisement pétrolier du Pérou, accordée dans un premier temps à la compagnie canadienne Pacific.

Cette décision a été adoptée alors qu’une grève de 48 heures avait été convoquée par un collectif nommé Front patriotique de l’Amazonie de la région de Loreto (nord), pour s’opposer à la concession de ce gisement produisant 17% du pétrole du pays à une entreprise privée.

Pour les manifestants, l’attribution de ce gisement à Petroperu garantit une meilleure administration des ressources naturelles en faveur de cette région déshéritée et un meilleur respect de l’environnement.

« Nous espérons qu’avec cette solution, nous pourrons résoudre les problèmes des communautés indigènes, dont le développement a été empêché parce que le ministère de l’Energie et des Mines a suspendu la consultation » préalable exigée par les conventions internationales avant l’exploitation de ressources dans les territoires ancestraux, a déclaré la parlementaire d’opposition Veronika Mendoza.

La décision doit désormais être validée par l’exécutif, qui est en mesure de formuler des observations.

L’exploitation des ressources naturelles est l’un des éléments-clés de la bonne santé économique du Pérou au cours des dernières années.

La ministre de l’Energie et des Mines, Rosa Maria Ortiz, a quant à elle indiqué que la décision de rompre le contrat signé avec la Canadienne Pacific Exploration & Production Corporation, était « inconstitutionnelle » et constituait « une mauvais message international » qui pourrait avoir « des conséquences graves sur les investissements au Pérou ».

Selon le gouvernement, Petroperu, qui travaille actuellement dans le raffinage et la commercialisation de carburants, n’est pas en mesure d’exploiter ce gisement.

Un accord avait été signé pour qu’à compter du 30 août, Pacific exploite le site en remplacement de l’Argentine Pluspetrol dont la concession de 15 ans avait pris fin.

« Le gouvernement avait fait appel à cette compagnie canadienne parce que personne n’avait répondu à l’appel d’offres. La concession était pour seulement deux ans. Au cours de cette période, Petroperu aurait pu mieux se préparer (…) C’est un très mauvais signal », a renchéri la parlementaire chrétienne-sociale Lourdes Alcorta citée par un média local.

Le Parlement avait dans un premier temps soutenu la décision du gouvernement, mais la pression des habitants de la région a poussé certains élus à revoir leur position.

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