Mouvement social en Irak

Article publié dans « Communisme-Ouvrier n°57« , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

À Bagdad (Irak), depuis le 31 juillet, de puissantes manifestations se succèdent contre la corruption. À Bagdad, ces manifestations se déroulent sur la place Tahrir, où des rassemblements avaient déjà eu lieu lors du « Printemps arabe ». Le gouvernement dirigé par le parti islamiste chiite Dawa, installé au pouvoir par les Américains, est la cible des manifestants. Les mesures annoncées contre la corruption et l’éviction de plusieurs ministres n’ont pas mis fin aux manifestations.

bagdadf

Parmi les slogans, on peut noter « Daesh et le parlement sont deux faces d’une même pièce », « Tous devant la justice, vous êtes tous des voleurs ! », mais aussi « Laïcité, ni chiites ni sunnites ! ». Des manifestations ont également eu lieu dans d’autres villes comme Nadjaf, Kerbala, Hilla ou Bassora.

Lors de la manifestation du 21 août, la banderole intersyndicale en tête de cortège proclamait : « Les travailleurs d’Irak et leurs organisations syndicales sont avec le peuple d’Irak dans la lutte contre tout type de corruption, politique, financière et administrative, et contre le système haineux des quotas sectaires ». Nos camarades de la Fédération des Syndicats et Conseils Ouvriers d’Irak prennent une part active dans ces manifestations. Elle vise les quotas confessionnels et ethniques pratiqués dans l’attribution des postes administratifs, très importants dans un pays où l’économie reste essentiellement étatisée, qui jouent un rôle avéré dans la « libanisation » de l’Irak.

La corruption s’est généralisée à tous les échelons de l’appareil d’État. La « débaasisation » tentée par les autorités d’occupation depuis 2003 a joué un rôle dans le développement de la guerre civile, puis l’émergence de Daesh (où bon nombre d’officiers de l’armée de Saddam Hussein ont trouvé leur place), mais n’a pas détruit la bureaucratie proliférante. Bien au contraire, les structures étatiques se sont multipliées, ce qui entraîne une corruption de plus en plus étouffante.

Les coupures d’électricité sont liées à l’état déplorable de l’infrastructure énergétique du pays, endommagées par plus de vingt années de guerre, des années d’embargo, la guerre civile et maintenant les exactions de Daesh. Depuis 2003, les ouvriers des centrales électriques ont régulièrement fait grève pour dénoncer le délabrement des installations et les coupures qui causent de graves problèmes à la population.

À Bassora, les manifestants ont dû affronter les milices islamistes. Ils se plaignent notamment de la salinité extrême de l’eau du robinet. Depuis la « réforme agraire » catastrophique menée par l’ancien régime baasiste, la destruction des marais du sud et le mauvais entretien du système d’irrigation, la salinité est un grave problème écologique qui affecte non seulement l’eau minérale, mais aussi les terres agricoles.

Plus que jamais, nos camarades du Parti communiste-ouvrier d’Irak, qui ont lancé un nouveau journal, de l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak et de la Fédération des Syndicats et Conseils Ouvriers d’Irak ont besoin de la solidarité internationaliste pour peser de tout leur poids dans la situation.

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