Explosions à Tianjin : après l’horreur, la censure du gouvernement

Le Nouvel Observateur, 13 août 2015 :

Alors que la Chine est encore sous le choc de l’énorme explosion qui a soufflé le port de Tianjin, Pékin verrouille les réseaux sociaux et internet.

Mais que cherche à cacher le gouvernement chinois sur l’explosion de Tianjin, qui a fait au moins 50 morts et plus de 700 blessés ? Une fois encore lors d’une catastrophe industrielle, les autorités chinoises essayent de garder la maîtrise de l’information. Une fois encore, Pékin met en place une politique stricte de censure sur internet, notamment sur Sina Weibo, le Twitter chinois.

Selon Associated Press, certains utilisateurs du réseau de microblogging se sont plaint que leurs messages sur la catastrophe ont été supprimés. Car quand il s’agit de critiquer les secours, les autorités ne tardent pas à agir, comme le montre le tweet d’une universitaire basée à Hong-Kong.

Ces accusations laissent à penser que les autorités chinoises manipulent le réseau social en limitant le nombre de post. Même phénomène sur le réseau WeChat.

Sur place, les journalistes locaux sont souvent contraints de ne pas prendre de photos du site de la catastrophe, comme l’indique Fergus Ryan, reporter basé à Pékin.

Lei yu, un journaliste de Phoenix TV de Hong Kong, explique sur son compte Weibo, qu’il a été « en permanence suivi par des policiers et des fonctionnaires de Tianjin » jusqu’à son départ des lieux de la catastrophe.

Même son de cloche concernant les journalistes étrangers. Will Ripley, reporter de CNN envoyé à Tianjin, a vu son reportage censuré alors qu’il était en direct via Skype, devant l’hôpital de la ville dévastée. Il a été forcé de s’interrompre. Le journaliste a expliqué sur Twitter qu’il allait bien et a dénoncé le contrôle des autorités sur les réseaux… Mais le compte de CNN a ensuite affirmé qu’il avait été pris à partie non pas par les autorités chinoises, mais par des familles de victimes.

Que veulent cacher les autorités chinoises ?

La catastrophe de Tianjin n’est pas une première. Les explosions sur des sites industriels se multiplient en Chine. Entre janvier et août 2014, le gouvernement chinois a ainsi compté 640 « graves » accidents du travail, ayant entraîné la mort de près de 2.700 personnes. En avril 2015, c’est une usine pétrochimique qui a explosé dans la province du Fujian. Le mois dernier, l’explosion d’un site illégal de stockage de feux d’artifice a entraîné la mort de 15 personnes.

Des ONG s’insurgent régulièrement sur les conditions de travail et sur la vétusté des infrastructures en Chine. Cette fois, à Tianjin, les premières victimes sont des travailleurs migrants vivant dans le port, dans des conditions déplorables. Ces ouvriers pauvres dorment dans un enchevêtrement de tôles, soufflées au moment de la violente explosion.

De plus, des médias locaux commencent à s’interroger sur l’équipement des pompiers envoyés dans l’épicentre de l’explosion, quand le site d’informations, The Paper, s’interroge sur le retard de la diffusion d’informations précises: « 15 heures ont passé, et nous ne savons toujours pas ce qu’il en est des produits qui ont explosé ».

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