Grande-Bretagne : David Cameron s’attaque au droit de grève

La Croix, 16 juillet 2015 :

David Cameron monte d’un cran dans sa politique conservatrice. Le gouvernement du premier ministre britannique a présenté, le 15 juillet, une loi pour restreindre le droit à la grève. Pour qu’une grève soit légale, plus de la moitié des salariés devra participer à un vote préalable et la moitié des votants devra, elle, donner son feu vert aux grévistes.

« Avec ces changements, les grèves n’interviendront que lorsqu’une majorité claire de ceux qui peuvent voter à ce sujet l’auront fait et que toutes les autres possibilités auront été explorées », a déclaré Sajid Javid, ministre des entreprises.

Un droit de grève très restrictif

Le droit de grève au Royaume-Uni est déjà l’un des plus restrictif d’Europe. Un scrutin est déjà obligatoire mais une grève peut avoir lieu même si une minorité des salariés a participé au vote, à partir du moment où la majorité des votants opte pour le mouvement.

Dans le projet, les conditions préalables sont encore plus durcies dans certains « secteurs publics essentiels » – santé, éducation, sapeurs-pompiers, transports, sécurité aux frontières et énergie. Au moins 40 % de l’ensemble des salariés devront se prononcer en faveur de la grève contre 25 % minimum dans les autres secteurs.

Un préavis de quatorze jours

Autre mesure phare : les syndicats devront présenter un préavis de quatorze jours aux employeurs qui pourront, eux, embaucher des intérimaires pour remplacer les grévistes. « Les syndicats ont un rôle constructif à jouer en représentant les intérêts de leurs membres, mais notre gouvernement va équilibrer leurs droits avec ceux du peuple qui travaille et ceux des entreprises », a justifié Sajid Javid.

« Ces propositions malveillantes vont retirer un droit de parole à des millions de travailleurs ordinaires, lui a répondu Dave Prentis, le secrétaire général du syndicat Unison. Les grèves sont rares et ce n’est jamais facile de renoncer à un jour de paie ».

En vigueur dès l’année prochaine

Qualifié de « mesure la plus répressive envers les syndicats depuis trois décennies » par une partie de la presse Outre-Manche, le texte devrait entrer en vigueur dès l’année prochaine.

Il a été présenté six jours après une grève d’une importance inédite, depuis 2002, qui a touché le métro londonien, entraînant le chaos dans les transports de la capitale déjà à la limite de la saturation.

David Cameron a utilisé cet événement pour justifier le texte. Mais selon le quotidien The Mirror, la « Tub strike » aurait quand même eu lieu : elle avait été approuvée par 97 % des votants. Il n’y avait pas eu de préavis de 14 jours, mais le scrutin a été réalisé plusieurs semaines avant la grève.

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