Nouvelle grève à l’AFP

Le Monde, 15 juillet 2015 :

Une semaine après le début d’un premier mouvement de grève, quatre syndicats de l’Agence France-Presse (AFP) – la Confédération générale du travail (CGT), Force ouvrière (FO), l’union syndicale Solidaires (SUD) et la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC) –, représentant la majorité du personnel, ont voté à une large majorité mercredi 15 juillet, lors d’une assemblée générale, une grève de vingt-quatre heures.

Leur but est de demander à la direction de renoncer à dénoncer tous les accords sociaux en vigueur, alors qu’Emmanuel Hoog, le président-directeur général de l’AFP, a fait savoir au début de juillet qu’il comptait dénoncer l’ensemble de ces accords lors d’un comité d’entreprise (CE) extraordinaire jeudi à 9 heures.

Boycott du comité d’entreprise

Cette annonce avait déclenché un mouvement de grève de trois jours, de mardi après-midi à vendredi après-midi, qui avait fortement perturbé les services de l’AFP. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et la Confédération française démocratique du travail (CFDT), majoritaires chez les journalistes, avaient aussi appelé à la grève, mais seulement pour deux jours. Ces deux syndicats comptaient appeler le personnel à une grève symbolique de deux heures jeudi matin, à l’heure du CE.

Divisés sur les modalités d’action, les syndicats de l’AFP sont, en revanche, tous opposés à la dénonciation des accords sociaux par la direction : tous les élus comptent boycotter le CE jeudi matin. Même si, juridiquement, leur absence ne devrait pas empêcher la direction de tenir ce CE et d’annoncer officiellement sa décision de dénoncer les accords sociaux, selon les syndicats.

La dénonciation des accords, « une déclaration de guerre »

Les 1 350 salariés de droit français de l’AFP (sur 2 260) travaillent dans un cadre complexe : 117 accords se sont empilés depuis les années 1960. La direction souhaite parvenir à un accord d’entreprise unique, qui harmonise les temps de travail, actuellement disparates (44 jours de congés pour les journalistes et une cinquantaine pour les techniciens), qui tienne compte de l’évolution des métiers (il n’y a plus de coursiers à l’agence, mais des techniciens audiovisuels, des informaticiens…) ou qui fixe un mécanisme unique d’évolution salariale. Le contrat d’objectifs et de moyens prévoit aussi de modérer la progression de la masse salariale.

« La direction veut revoir tous les acquis sociaux à la baisse », a déclaré Philippe Faye, le secrétaire du CE, lors d’une conférence de presse. « Si la direction dénonce les accords, ce serait une déclaration de guerre au personnel », a ajouté SUD. « En ce cas, nous entrerions dans un rapport de force à partir de septembre », explique un représentant de FO.

Après la grève de mercredi dernier, la direction avait promis « dès 2016, une augmentation salariale générale » et le déblocage « dès septembre 2015 d’une enveloppe de primes et promotions ». Ce geste avait conduit le SNJ et la CFDT à suspendre leur mouvement. La dénonciation des accords existants ouvrirait une nouvelle période de négociations de quinze mois.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/07/15/l-afp-pourrait-lancer-un-nouveau-mouvement-de-greve_4684161_3236.html#Ik0hAg7Yqy1l3qru.99

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