Journée de manifestation en Grèce avant le vote du Parlement

Le Monde, 15 juillet 2015 :

Alors que les députés de la Vouli — le Parlement grec — doivent se prononcer mercredi 15 juillet dans la soirée sur les mesures impopulaires exigées par les créanciers d’Athènes en contrepartie du maintien de la Grèce dans la zone euro, le syndicat des fonctionnaires (Adedy) a lancé un appel à la grève de vingt-quatre heures, le premier depuis l’arrivée au pouvoir d’Alexis Tsipras.

L’Adedy a également appelé à des manifestations dans le centre-ville : la première, qui a eu lieu en fin de matinée, a rassemblé des centaines de personnes, selon la police ; une seconde est prévue en fin de journée, avec d’autres petits partis de gauche avant le vote au Parlement, sur la place Syntagma.

Mercredi matin, le secteur public grec tournait au ralenti, la grève affectant les transports publics d’Athènes, mais aussi les ministères et les collectivités locales, le syndicat des employés municipaux Poe-Ota s’étant joint au mouvement. Les pharmacies étaient également fermées, pour protester contre la déréglementation du secteur, prévue par les nouvelles mesures. Les hôpitaux fonctionnent avec du personnel d’astreinte.

Pour nombre d’électeurs qui ont porté la gauche radicale au pouvoir en janvier, l’accord arraché au forceps à Bruxelles lundi constitue une trahison de la volonté populaire exprimée dans les urnes le 5 juillet, quand 61 % des Grecs ont dit « non » à l’austérité.

« Cet accord va passer avec les voix de l’opposition »

Des critiques auxquelles M. Tsipras a répondu lors d’un entretien diffusé à la télévision, mardi soir, dans lequel il a lancé :

« J’assume la responsabilité d’un texte auquel je ne crois pas, mais je le signe pour éviter tout désastre au pays. »

« Cet accord va passer avec les voix de l’opposition, pas avec celles du peuple », a prévenu le ministre de l’énergie, M. Lafazanis. Ce dernier — l’un des éléments de blocage le plus important de Syriza, à la tête de l’aile gauche du parti — avait déjà rompu la solidarité gouvernementale avec plus d’une dizaine de députés.

Car c’est l’autre défi qui attend le premier ministre : faire voter les mesures du plan d’aide tout en conservant sa majorité. Il devrait pouvoir compter sur les voix des partis d’opposition, les conservateurs de Nouvelle Démocratie, les socialistes du Pasok et les centristes de To Potami (« Le fleuve »). Quant à son partenaire du sein de la coalition gouvernementale, le parti des Grecs indépendants (ANEL), il laissait planer le doute sur son vote, tout en expliquant la nécessité de « soutenir » le gouvernement. Face à cette contestation, M. Tsipras n’exclut pas, d’ores et déjà, un éventuel remaniement.

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