Quand le capitalisme étrangle les peuples, les chauvins accusent l’Allemagne

Article publié par l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Finalement, malgré le non massif de la population grecque à un nouveau plan d’austérité, le gouvernement Syriza a accepté de nouvelles privatisations, une hausse de la TVA et recul de l’âge de la retraite. Et une fois encore, au nom du remboursement de la dette publique, ce sont les classes populaires, les travailleurs, les retraités, les chômeurs qui devront payer, tandis que pas le moindre centime ne sera demandé aux riches patrons, armateurs et autres popes.

Que la BCE, les autres Etats de l’Union Européenne et le FMI étranglent la population grecque est une réalité. L’annulation pure et simple de la dette est une exigence minimale.

Mais dénoncer principalement l’Allemagne, surtout depuis la France comme Mélenchon, c’est finalement disculper la bourgeoisie française et son gouvernement.

Pourtant, si la Grèce doit 15,2 milliards d’euros à l’Allemagne, son deuxième créancier est la France à qui elle doit 11,4 milliards. Et surtout, il ne faudrait pas oublier que le rachat par la BCE, le FMI et les Etats de l’Union Européenne de la dette publique de la Grèce aux banques privées visait avant tout à sauver ces banques d’un éventuel défaut de paiement. C’est le bon vieux principe bourgeois maintes fois répétées de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes. Et en 2010, les principaux créanciers de la Grèce étaient des banques… françaises comme la Société Générale, la BNP Paribas, le Crédit Agricole ou la BPCE.

Que le ton soit plus ou moins souriant, Hollande, Merkel et les autres principaux dirigeants européens visent le même objectif vis-à-vis de la Grèce : lui faire payer sa dette publique sans se préoccuper de la souffrance de la population.

Etre solidaire de la population grecque face aux requins du capital, c’est d’abord désigner clairement les responsables. Et ce n’est pas « l’Allemagne », mais bien la bourgeoisie, qu’elle soit allemande, française, italienne ou grecque ! Dénoncer « l’Allemagne », et non la bourgeoisie, c’est non seulement empêcher toute compréhension du système capitaliste, mais flatter les plus vils sentiments chauvins pour finalement se mettre à la remorque de l’impérialisme français.

3 réponses à “Quand le capitalisme étrangle les peuples, les chauvins accusent l’Allemagne

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