Pont-à-Mousson : grève chez Dr Fischer Europe

L’Est Républicain, 9 juillet 2015 :

Un mouvement social chez Dr Fischer Europe, une première depuis le rachat de l’usine de Pont-à-Mousson de Philips éclairage en 2010. « Une belle mobilisation », appréciait, ce jeudi matin, Eric Sirantoine, le secrétaire du comité d’entreprise, en voyant que plusieurs dizaines de salariés avaient répondu à l’appel à la grève lancé la veille, et s’étaient rassemblées devant l’entrée une demi-heure avant la tenue d’un nouveau CE.

« Ce qui est bien, c’est la solidarité intercatégorie », soulignait le délégué CDFT, le syndicat le mieux implanté dans l’entreprise. « Tout le monde se sent concerné par ce qui se passe. »

Justement que se produit-il chez le fabricant de lampes spéciales pour que la grogne s’exprime ainsi ? « Le 15 juin dernier, la direction a présenté un projet de suppression de 7,3 postes », explique Eric Sirantoine. « On est en dessous des dix, ce qui permet une procédure assez rapide. Sans que des moyens de reclassement puissent être mis en œuvre. Problème, on ne trouve pas de raison économique. On a bien été confronté à des difficultés en avril-mai, mais rien de catastrophique au point d’engager des licenciements. On peut certainement étudier d’autres pistes d’économie… Tout ça laisse une impression de précipitation » Les représentants du personnel déplorent, en plus, la fin de non-recevoir à leur demande de prime supra-légale.

De son côté, la direction indique que, pour faire face à une baisse des marges sur ses produits grand public, principalement des lampes halogènes, qui n’est pas compensée par la croissance dans le secteur des lampes spéciales, elle « est contrainte d’adapter ses coûts et envisage une réorganisation et une adaptation du nombre d’emplois sur le site ». Ce qui entraînera cinq licenciements sur des postes dits non directs, avec des reclassements sur des places en production donc à coûts variables. Soulignant les efforts réalisés : repousser l’interdiction de la vente des lampes halogènes de 2016 à 2018, faire que les lampes crayons ne soient pas impactées, renouveler le contrat avec le plus gros client, « c’est un moindre mal car cela permet de maintenir l’activité pendant plusieurs années. La contrepartie est une obligation de réduire nos coûts fixes », justifie Vincent Leclerc, le directeur.

Si Dr Fischer Europe, qui emploie quelque 220 personnes, a jusqu’à procédé à des réductions d’effectifs en ne pourvoyant pas au remplacement des départs à la retraite.

Lors de sa réunion qui a duré une heure et demie, le CE a demandé la consultation du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) sur les conséquences de la restructuration envisagée. Ce que la direction dit « regarder ». En cas d’acceptation, cette initiative rallongera inévitablement la procédure, avec une conclusion après la fermeture pour trois semaines de vacances au soir du 17 juillet.

Le travail a repris. « Après échange de vues avec nos collègues, on ne jugeait pas utile de la poursuivre », confirme Eric Sirantoine. « Mais on pourra reprendra le mouvement. » S’il le faut.

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