AILLY-SUR-SOMME (80)Bigard coupe dans l’emploi

le 01/07/2015, Le Courrier Picard

L’industriel de la boucherie stoppe l’atelier steaks hachés. Les quelque 130 employés craignent que le site ferme définitivement à la rentrée.

<br /> Le site Bigard d’Ailly-sur-Somme emploie quelque 130 personnes. contre 251 en 2008.</p> <p>

Du côté de la direction, on explique ne pas vouloir faire de commentaires. Même si la fermeture de l’atelier en question est bien confirmée. «  Il n’y aura pas de licenciements, des propositions de reclassement sur les sites avoisinants, notamment celui de Flixecourt, seront faites  », veut tout de même rassurer Xavier Lemaître, directeur du site aillygeois. Sans toutefois préciser combien de salariés seront concernés.

Pour ce qui est d’une possible fermeture, partielle voir totale, en revanche, aucune information. «  Ce n’est pas d’actualité  », explique le directeur. Pas de quoi rassurer pour autant Stéphane Dormeval. En janvier déjà, suite au précédent CCE, le délégué CGT s’inquiétait de la situation : «  On vit avec une épée de Damoclès  », expliquait-il alors, pointant du doigt des effectifs à la baisse en quelques années ou encore des installations vieillissantes.

« En 5ans, rien n’a été fait pour nous, ils veulent notre mort »

Aujourd’hui, ce dernier en est convaincu : rien n’a été fait pour sauvegarder le site et ses emplois. Au contraire. «  En 2012, on nous a dit qu’il fallait réduire la voilure car le site n’était pas rentable. On est alors passé de 251 personnes à environ 130. On travaillait sur 6 lignes en 2*8 et maintenant sur 3,4 lignes, de jour. Aucun investissement n’a été fait pour le site, les travaux de remise aux normes tardent. On travaille avec des abattoirs plus éloignés, ce qui multiplie les coûts de revient. En attendant, ils ont ouvert un nouveau site près de Maubeuge qui fait la même activité que nous ! En cinq ans, rien n’a été fait pour nous. Ils veulent notre mort.  »

Pour l’heure, les salariés n’envisagent pas de mouvement social. «  On se laisse le temps d’avaler la couleuvre, ça ne sert à rien de partir sur des chapeaux de roues  » explique Stéphane Dormeval. Qui, pour autant, envisage déjà la suite. Et se met déjà à penser à un possible repreneur ! «  Nous avons de l’ancienneté, un savoir-faire  », clame-t-il. Imaginant que ces arguments pourraient convaincre un groupe comme Leclerc ou Intermarché. «  Les grandes surfaces fonctionnent de plus en plus comme ça pour gérer leurs stocks.  » Il n’est évidemment pas contre l’idée de poursuivre l’aventure avec le groupe Bigard. Mais n’y croit plus : «  S’ils avaient voulu faire quelque chose pour nous, ça aurait été fait avant. Je ne crois pas aux miracles. »

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