Paris : grève historique du personnel de l’aide sociale à l’enfance mardi 30 juin

Miroir Social, 29 juin 2015 :

L’ensemble des syndicats appelle à faire grande cause commune contre des conditions de travail indécentes.

Anne Hidalgo, maire de Paris, en avait fait la grande cause de sa mandature : lutter contre la grande exclusion. Une grande cause qui ne concerne visiblement pas l’aide sociale à l’enfance (ASE), si l’on en croit les agents de ce service en charge des enfants en grande précarité, que ces derniers soient retirés à leur famille sur décision de justice ou bien à la demande de parents démunis.

Car, selon les syndicats, la politique actuelle de la mairie et du département de Paris empêche le personnel d’assurer la protection de ces enfants par un suivi social, éducatif et administratif de qualité et, si possible, permettre un retour dans leur famille. Ces agents dénoncent depuis des années des conditions indécentes avec pour conséquences une surcharge de travail ainsi que le non-remplacement des arrêts maladie, y compris les congés maternité alors que les agents sont majoritairement féminins. Ces détériorations amènent à l’épuisement des agents, à l’augmentent du nombre d’arrêts maladie et suscitent un renouvellement constant. Ce phénomène « fragilise le travail auprès des enfants » affirme le personnel.

En tout cas, la crise qui frappe le service d’aide à l’enfance est telle que les syndicats CGT, CFDT, SUPAP, FO, UNSA , CFTC et UCP se sont constitués pour la première fois depuis bien longtemps en une intersyndicale, une grande cause commune quasi historique, ; ils appellent à une grève mardi 30 juin avec une manifestation à 10h00 devant l’Hôtel de Ville, pendant le conseil de Paris. Du jamais vu !

Mais au-delà de cette crise sociale, ce sont les missions même de ces travailleurs sociaux qui sont mises à mal avec les nouvelles restrictions budgétaires décidées par Anne Hidalgo et Dominique Versini, son adjointe en charge de ce secteur. Ces restrictions créent un manque de places d’accueil d’urgence pour les enfants les plus en difficulté. La pénurie touche tous les professionels du secteur comme les psychologues (parfois un psychologue pour 620 jeunes !) ou encore le manque de disponibilité des travailleurs sociaux et des encadrants. Sans compter la surcharge de travail des agents administratifs amenant un retard de traitement des dossiers, ce qui fait que certains jeunes se retrouvent parfois sans couverture médicale. Pas très « fluctuat » .

Bref, à Paris on ne sait pas si, pour Anne Hidalgo, c’est toujours la « grande cause » mais sa politique budgétaire produit indéniablement de grand effets. C’est pourquoi les agents de l’aide sociale à l’enfance demandent l’arrêt des suppressions de poste et le recrutement de personnel sur les postes vacants, y compris ceux liés à des congés de longue durée et le maintien des postes consécutifs aux départs à la retraite. C’est bien le moins que puisse faire la maire de Paris si elle considère vraiment faire de la lutte contre l’exclusion sa priorité. Dans la cas contraire, sa grande cause deviendrait carrément « mergitur » .

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