A Calais, la tolérance plus forte que la haine

Nord Littoral, 20 juin 2015 :

La marche pour la dignité et le respect des droits des exilés de Calais a rassemblé dix fois plus de monde que le rassemblement de Sauvons Calais.

Contraste. Le mot de cette Journée mondiale des réfugiés. Pour ceux qui connaissent la bande dessinée, on aurait pu comparer les deux manifestations organisées hier après-midi à la série Les Rigolus et les Tristus.

D’un côté, 500 à 800 participants à la marche pour la dignité et le respect des droits fondamentaux des exilés vivant dans la jungle et dans les alentours, amenant avec eux de la couleur, des sourires, de la musique, de la joie et des messages d’amour et de tolérance du style « Aimons-nous, la vie est belle ! ».

De l’autre, une cinquantaine de personnes aussi joyeuses qu’une porte de prison, bavant de rage et de haine à la seule évocation du mot migrant, se plaignant qu’on ne puisse « jamais avoir le droit de manifester » contre l’afflux migratoire. Ce qui est faux.

C’est bel et bien une réalité : à Calais, la tolérance est bien plus forte que la haine et ses habitants savent se mobiliser quand il s’agit de faire preuve de solidarité. Ils étaient nombreux à marcher hier aux côtés des migrants dans les rues de Calais, de la route de Gravelines au parc Richelieu en passant par la rue Mollien et la rue Royale.

« Un scandale humanitaire et politique »

Cette manifestation, rappelons-le autorisée par la Préfecture, avait pour but de dénoncer les conditions de vie des quelque 3 000 migrants vivant près du camp Jules-Ferry, un véritable « bidonville d’Etat » avec un accès insuffisant à l’eau et aux soins, sans toilettes ni éclairage. Les mesures prises cette semaine par le Gouvernement sont plutôt bien accueillies mais sont « encore insuffisantes », comme l’explique le docteur Géraldine Martin, secrétaire régionale pour Médecins du Monde : « Malgré la solidarité des associations locales et de nombreux citoyens, les exilés subissent l’abandon des pouvoirs publics qui n’assument pas leurs obligations. Leurs conditions de vie inacceptables sont un scandale humanitaire et politique ». Pour les exilés, même mot d’ordre : « Ne rien lâcher ». Continuer à se battre pour que soient « respectés leurs droits fondamentaux » et qu’une « politique migratoire conforme aux valeurs de notre continent soit mise en place par la France et ses homologues européens ».

Les migrants tenaient aussi à faire passer leurs messages en centre-ville de Calais pour deux raisons : d’abord sensibiliser la population à leurs conditions de vie très précaires, mais aussi les inviter à mieux les connaître : « Venez nous voir, vous serez bien reçus. Nous ne sommes pas ces gens que l’on décrit en mal à la télévision ». Ce message trouvera-t-il un écho positif ? Aux Calaisiens de choisir entre le camp des Tristus et celui des Rigolus.

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