Les salariés de Mobibus en colère

20 Minutes, 1 juin 2015 :

Toulouse : Les salariés de Mobibus entament leur deuxième semaine de grève. Ils dénoncent à la fois la dégradation de leurs conditions de travail et celle de la prise en charge des personnes à mobilité réduite.

Coups de sifflets, klaxons, slogans hurlés dans le mégaphone… Lundi en début d’après-midi, on n’entendait qu’eux en sortant du métro Compans-Cafarelli. Une trentaine de salariés de Mobibus TPMR, société ayant reçu de Tisséo la délégation de service public pour le transport des personnes à mobilité réduite, sont en effet venus manifester leur colère face à la dégradation du service devant le siège de Tisséo.

Après une semaine de grève (suivie par 65 à 95% des salariés) et suite à l’échec des négociations avec la direction de Mobibus TPMR, rencontrée à deux reprises, ils ont en effet décidé d’aller chercher le soutien de la régie de transports toulousaine. « Nous espérons qu’ils pourront faire pression sur la direction de Mobibus pour que nous ayons gain de cause », explique Leila Menouk, déléguée syndicale CGT.

Journées trop longues, salaires trop bas

Les raisons de ce coup d’éclat : la dégradation de leurs conditions de travail, un manque cruel de formation à la prise en charge des personnes handicapées, des journées à rallonge, un salaire dérisoire qui leur permet difficilement de joindre les deux bouts dans une ville comme Toulouse, ou encore des heures supplémentaires imposées et mal payées.

« Il y a de plus en plus de stress, de fatigue, notamment chez les jeunes conducteurs, qui sont très vite livrés à eux-mêmes sur le terrain et doivent faire face, comme nous tous, à la colère des usagers, explique Philippe Zonta, conducteur et délégué du personnel. Ces dernières années, avec les différents changements d’organisation imposés par la direction, leurs conditions de prise en charge se sont sérieusement dégradées. »

« C’est devenu de la maltraitance »

Odile Maurin, représentante départementale de l’Association des paralysés de France, n’a en effet pas de mots assez durs pour qualifier la situation. « Les dysfonctionnements existent depuis de nombreuses années mais là, on atteint des sommets, c’est devenu de la maltraitance », affirme-t-elle.

Elle pointe notamment la mauvaise gestion du service. « En théorie, on doit pouvoir réserver un véhicule entre une semaine et 48 heures avant un rendez-vous, mais dans les faits, chacune de nos demandes pour un transport est mise sur liste d’attente et on nous prévient de la disponibilité ou non d’un véhicule à la dernière minute. Il n’est plus possible d’organiser un suivi médical ou d’arriver au travail à l’heure. Notre liberté de déplacement est sérieusement remise en question. »

Toutefois, les usagers ne cautionnent pas forcément le mouvement de grève qui les « pénalise encore plus » et entendent mener de leur côté une action forte, dès demain. Les salariés de Mobibus, quant à eux, affirment qu’ils iront jusqu’au bout pour « faire respecter le code du travail » et améliorer la qualité du service.

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