Renault face à la contestation ouvrière

Les Echos, 27 mai 2015 :

Après deux semaines de grève, Renault et ses salariés turcs auront finalement trouvé un terrain d’entente. L’usine Bursa, co-entreprise entre le turc Oyak et le constructeur français, a finalement repris le travail ce mercredi, selon un communiqué diffusé par Renault. Le site était à l’arrêt depuis le 15 mai dernier, une durée synonyme de perte importante pour Renault tant le site de Bursa est important. En 2014, l’usine, qui compte 5.100 salariés, avait assemblé 320.000 véhicules (principalement des Clio, ainsi que des Fluence et des Megane Generation). Et le site est également un fournisseur clé de moteurs (251.000 en 2014), boîtes de vitesses (239.000), berceaux (364.000), train avant et arrières (639.000). Autant de pièces qui alimentent nombre d’usines européennes et dont l’arrêt de production commençait à handicaper sensiblement l’organisation industrielle du constructeur français.

Pour obtenir le feu vert, la direction a débloqué une prime de 4.000 livres turques (1.400 euros) et a annoncé la mise en place d’un bonus de performance qui se montera à 600 livres minimum, la liberté d’adhérer au syndicat de son choix, ainsi que l’étude d’une éventuelle réévaluation des salaires, dont les résultats seront donnés dans un mois. Les salariés grévistes ne seront en outre pas sanctionnés. Débordant leurs syndicats, ceux-ci avaient arrêté le travail pour réclamer des augmentations de salaires équivalentes à celles récemment obtenues par les employés turcs de l’équipementier Bosch.

Une contestation qui avait également touché, à la veille des élections législatives du 7 juin prochain, les usines voisines de Fiat et de Ford, qui ont elles repris le travail en fin de semaine dernière.

Une montée des revendications

Même s’il est potentiellement réglé – il faudra néanmoins confirmer que l’ensemble des salariés ont bien repris le travail – l’épisode soulève une vraie question pour Renault. Alors qu’il alimente l’essentiel de sa production européenne via les pays à bas coûts (Roumanie, Maroc, Turquie, Slovénie, Espagne), le constructeur français est confronté à une montée des revendications dans certaines zones. Outre la Turquie, c’est le cas de la Roumanie , où le constructeur a annoncé le mois dernier son intention d’automatiser davantage son usine de Pitesti du fait de la hausse des coûts de main d’œuvre.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/02193349702-renault-trouve-un-accord-avec-ses-salaries-turcs-1122844.php?R3Jhx1a4a2p1plAu.99

Une réponse à “Renault face à la contestation ouvrière

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