Le temps s’écoule lentement sur le piquet de grève d’Itron

 Sur le piquet de grève hier à Chasseneuil : « On serait mieux chez nous… Ou au boulot plutôt. » - dr

Sur le piquet de grève hier à Chasseneuil : « On serait mieux chez nous… Ou au boulot plutôt. » – dr

Le blocage du site de Chasseneuil s’est poursuivi tout le week-end. Les témoignages et les gestes de solidarité permettent aux grévistes de garder la foi.

On vit au jour le jour. Un moment, on a le moral dans les godasses puis ça remonte. Sur le piquet de grève, le temps s’écoule lentement. Le soleil est radieux, les mines sont maussades. Certains jouent au palet, d’autres sont assis autour de la table de camping sous un pauvre parasol.

«  Ici, tout le monde nous soutient  »

L’ambiance est lourde, le verbe est las. On rit jaune. « Pour nous, c’est barbecue tous les jours… » Personne n’est d’humeur à se marrer. « Quand je pense que la direction nous avait un temps demandé de bosser le week-end et les jours fériés en mai… Et aujourd’hui, on est là, 24 heures sur 24 pour défendre notre emploi. » Quelle ironie de l’histoire.
Depuis mercredi, ils se relayent à l’entrée de l’usine Itron de Chasseneuil. Ce dimanche, ils sont une poignée, unis comme les doigts de la main. Bruno, François, Yannick et les autres sont sur leurs gardes. Mercredi, la direction a envoyé les gendarmes pour faire sortir 170 compteurs. « C’est une quantité anecdotique. Cela montre en tout cas l’état d’esprit de nos dirigeants. » Les grévistes se veulent déterminés mais aussi responsables. « Seuls les compteurs ne sortent pas. On n’empêche personne de circuler ou d’aller travailler. On encourage même certains de nos collègues à terminer les projets cruciaux pour l’entreprise. Car nous voulons croire en l’avenir industriel de ce site. Il existe. »
Ils se succèdent par groupes dans une litanie de quarts : 6 h – 13 h, 13 h – 18 h, 22 h – 2 h et 2 h – 6 h. « Celui-là, c’est le plus dur. C’est long. » Ils tiennent l’espoir chevillé aux corps et accroché au cœur « de sauver un maximum d’emplois et de voir la direction reculer ».
Les témoignages de solidarité sont précieux. « Ici tout le monde nous soutient. Les gens qui passent devant l’entrée ont toujours un geste ou un mot pour nous. Même les chauffeurs de bus. Certaines personnes nous donnent spontanément de l’argent. Cela, nous aide à tenir. Et pas seulement financièrement. Et puis il y a les commerçants. Le boulanger, le boucher. Avec ce qu’il nous a donné, on a eu de la viande pour cent personnes pendant 1 jour et demi… Les gars des Fonderies sont eux aussi venus de Châtellerault nous encourager. »
L’après midi avance, le changement de quart se profile à l’horizon inondé de soleil. « On serait mieux chez nous… Ou au boulot plutôt ! »

repères

Les négociations en présence du médiateur

> Ce lundi 10 mai va se jouer un nouvel épisode important du conflit social ouvert le 15 janvier avec l’annonce par la direction de 137 suppressions de postes dont 124 (ramenées depuis à 109) sur le site de Chasseneuil.
> Ce matin se tiendra un comité central d’entreprise au siège d’Itron à Issy-les-Moulineaux.
> Cet après-midi sera consacré aux négociations. Elles se tiendront, toujours dans les Hauts-de-Seine en présence du médiateur tourangeau Yvon Charrier, nommé jeudi par le juge des référés du tribunal de Poitiers.
> Ce soir, un vote des salariés du site pourrait être organisé à Chasseneuil pour décider des suites du mouvement. Jusque-là, le blocage de l’usine se poursuit.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s