Esclavage moderne à Paris: « Nous avons été menacés de décapitation »

BFM TV, 10 mai 2015 :

A l’occasion de la dixième journée de commémoration de l’esclavage, RMC donne la parole à des victimes de ce que l’on appelle l’esclavage moderne. Aminata, embauchée comme coiffeuse à Paris, raconte l’enfer qu’elle a subi.

Ce dimanche, c’est la dixième journée commémorative de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. François Hollande inaugure en Guadeloupe, à Pointe à Pitre, le mémorial ACTe, en présence de trois chefs d’Etat africain et de dirigeants des pays caribéens.

Du XVIe au XIXe siècle, entre 600.000 et 800.000 Africains ont été déportés en Amérique du Nord et 1,6 million dans les Antilles françaises. Mais ce que l’’on ignore c’est qu’aujourd’hui, en France, des hommes et des femmes sont encore réduits en esclavage. François Hollande l’a d’ailleurs déclaré samedi à Fort-de-France: « le combat pour la dignité humaine n’est pas achevé ».

14 salariées sans-papiers

L’esclavage sexuel des prostituées, le travail forcé sur les chantiers de construction ou dans le monde agricole sont des réalités. A Paris, en mai dernier, 14 salariées sans-papiers d’un salon de coiffure du boulevard de Strasbourg se mettent en grève. Soutenue par la CGT, elles portent plainte pour traite d’êtres humains.

Aminata, 20 ans, est arrivée de Guinée à Paris en 2012. Loin de l’Eldorado rêvé, elle se fait embaucher comme coiffeuse. Premier critère de recrutement: être clandestin.

« On travaille du matin, 9 heures, à 23 heures – parfois minuit – et du lundi au samedi. Et on était payé 200, 300 euros, témoigne Aminata au micro de RMC. Avec les menaces, on craignait beaucoup. Notre vie était en danger, ça ne pouvait pas continuer comme ça. »

« Conditions contraires à la dignité humaine »

Aminata et ses collègues décident alors de s’opposer à leurs employeurs et arrivent à joindre la CGT. C’est Marilyne Poulain, qui prend en charge leur dossier :

« Les conditions de travail ont été qualifiées par l’inspection du travail comme contraires à la dignité humaine. »

« Jamais je n’avais été confrontée à une situation aussi violente », témoigne la syndicaliste.

« Parce que nous-même avons été menacés de mort. Avec des menaces de décapitation dans le quartier, en nous disant que l’on n’avait pas à se mêler de ce qu’il se passait ici. »

Pour l’instant, la justice a qualifié les faits d’emploi irrégulier d’étrangers et de travail dissimulé. Des infractions pour lesquelles les peines encourues sont beaucoup moins lourdes que pour la traite d’êtres humains.

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