Le conflit des chauffeurs de bus se durcit aux Courriers d’Ile-de-France

Le Parisien, 6 mai 2015 :

« Ça n’est que partie remise! Nous ne sommes pas des délinquants mais des salariés qui veulent être entendus ! » Entourés par les CRS, les grévistes des Courriers d’Ile-de-France (CIF), filiale de Keolis donnent une dernière fois de la voix, avant de quitter ce mardi, vers 17 h 15, le siège de la SNCF, à Saint-Denis, dans lequel ils ont pénétré de force deux heures plus tôt.

CIF1

La chaîne et le cadenas posés sur la grille d’entrée par le personnel de sécurité sont enfin retirés, pour permettre une sortie dans le calme.

Emmenés par la CGT et la CFTC, entre 40 et 60 manifestants du transporteur de bus CIF ont fait irruption ensemble au siège de la SNCF dont Keolis est la filiale. « Nous voulions interpeller la direction et Guillaume Pépy sur notre situation », résume Jamal Benkissaou, délégué syndical CGT. Les CIF qui desservent l’Est de la Seine-Saint-Denis, le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne sont en grève depuis lundi. Mécontents des négociations obligatoires annuelles avec la direction pour protester contre la baisse du seuil minimum de la rémunération à l’embauche, demander une augmentation de salaire et meilleures conditions de travail.

Le groupe de manifestants est arrivé mardi après-midi sans difficulté au 4e étage du siège de la SNCF, où se trouvent les bureaux de la présidence. Guillaume Pépy n’était pas présent et c’est finalement la police qui est intervenue pour faire descendre les grévistes. Une petite bousculade s’en est suivie, dans laquelle une jeune femme dit avoir été traînée. Au total, une soixantaine de CRS ont été dépêchés sur cette démonstration que les manifestants voulaient un peu spectaculaire. Il n’y a eu aucun dégât et pas d’interpellations.

L’entreprise dessert une centaine de lignes. « Les dépôts de Tremblay, Goussainville et Dammartin-en-Goële sont complètement bloqués, indique la direction des CIF. Louvres fonctionne, et, en Seine-et-Marne, Mitry-Mory et Saint-Soupplets, près de Meaux, sont au ralenti. »

2e jour de greve au depot de bus CIF de Tremblay-en-France

Au dépôt de Tremblay-en-France, le plus important du groupe, ce mardi, les tables et chaises qui occupaient l’une des entrées la veille ont été remplacées par un bus et un mur de pneus. Derrière le barrage, les grévistes avaient installé une bâche pour s’abriter. A Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), une cinquantaine de conducteurs tournent sur le piquet de grève, installé à une entrée du dépôt. L’autre, restée libre d’accès, a permis à quelques non-grévistes d’assurer un plan de circulation minimal.

« Qu’il pleuve ou qu’il neige, on restera autant qu’il le faudra », prévient Abdelatif Remini, salarié des CIF depuis bientôt 6 ans. Pour la direction, « les conditions ne sont pas réunies pour discuter autour d’une table ». Au terme du 2e jour de grève, la situation est donc au statut quo : la direction se dit prête à dialoguer lorsque les blocus sont levés tandis que les grévistes qui bloquent ne veulent lever le camp que lorsqu’un accord sera trouvé.

Le trafic devrait être encore très perturbé ce mercredi, les syndicats ayant annoncé la reconduite de la grève.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s