1er Mai : Manifestations et actions surprises partout au Québec

La Presse, 1er Mai 2015 :

Le 1er mai a pris une couleur particulière au Québec cette année et, plutôt qu’une traditionnelle grande marche pour les travailleurs, ce sont de nombreuses manifestations de plus petits groupes et des gestes d’éclat qui ont été organisés à Montréal, à Québec et dans toutes les régions.

Et cette Journée internationale des travailleurs déborde des seules questions de conditions de travail pour aborder plus largement les questions de justice sociale, de choix politiques et de ce que les nombreux manifestants ont qualifié de «politiques d’austérité du gouvernement Couillard».

À Montréal, ces «actions surprises» ont été entre autres l’occupation d’une tour de la Banque Nationale dès 8h au centre-ville de Montréal.

À peu près en même temps, un autre groupe de manifestants a bloqué les nombreuses entrées du Centre de commerce mondial, dans lequel plusieurs ministères ont des bureaux.

Les policiers se sont vite placés devant ces entrées pour en libérer l’accès pour ceux qui voulaient entrer au travail.

Un peu plus loin, à 9h, des groupes de défense des locataires, des groupes de femmes et d’autres groupes communautaires manifestaient au square Phillips, au centre-ville de Montréal. Un peu plus loin, un autre groupe marchait sur René-Lévesque plus près du Complexe Desjardins.

Ces nombreuses manifestations par groupes de plusieurs dizaines ou une centaine de personnes, voire quelques centaines, ont causé des embouteillages au centre-ville, de nombreux ralentissements temporaires tout au cours de l’avant-midi.

Cette nouvelle façon de célébrer le 1er mai, Journée internationale des travailleurs, avait justement pour but de surprendre.

«Les régions voulaient dans leur coin respectif organiser quelque chose» plutôt que d’être toutes contraintes de se déplacer vers Montréal pour la traditionnelle grande marche, a expliqué en entrevue le président de la FTQ, Daniel Boyer. «Nous, on a dit OK, mais il faut que ce soit suffisamment gros pour que ça ait le même impact, sinon un impact plus grand qu’une manif nationale», a-t-il justifié.

Le président de la plus grande centrale syndicale du Québec – 600 000 membres – ne croit pas que les revendications des travailleurs seront ainsi noyées parce qu’elles sont incluses dans une journée de protestation contre «l’austérité».

«Les luttes des autres, c’est nos luttes. Et nos luttes, c’est les luttes des autres aujourd’hui, parce qu’on est tous touchés par ces mesures d’austérité là», a ajouté M. Boyer.

Aussi en entrevue, le président de la CSN, Jacques Létourneau, croit que l’austérité ne peut être distinguée des conditions dans lesquelles les gens travaillent. «L’austérité, c’est aussi les services publics, les programmes sociaux, les étudiants, les hommes, les femmes. La question du travail reste quand même quelque chose d’assez central, dans la mesure où l’austérité, ça se traduit par plus de ralentissement économique, donc peut-être pas par de la création d’emplois de qualité; c’est même le contraire. Et l’austérité dans le secteur public, c’est la charge de travail, ce sont des augmentations de salaire qui frisent le ridicule», a-t-il opiné.

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