Istanbul : Manifestation à Taksim interdite pour le 1er mai

Le Petit Journal, 30 avril 2015 :

Le préfet d’Istanbul, Vasip Şahin, a renouvelé cette année encore l’interdiction de tous les rassemblements sur la place Taksim ce 1er mai, à l’occasion de la Fête du travail, rapporte le quotidien Hürriyet Daily News. Syndicats et partis de gauche ont néanmoins appelé les manifestants à défier les consignes en venant battre le pavé de cette place devenue emblématique pour les mouvements de contestation. “Nous maintenons que la place Taksim est l’endroit approprié pour la Fête du travail. Notre décision de célébrer le 1er mai à Taksim n’est pas un débat sur la localisation [desdites célébrations, ndlr]” a indiqué la Confédération des Syndicats Progressistes (DİSK), dans un communiqué officiel publié le mois dernier sur son site, précise le quotidien Today’s Zaman.

Le 1er mai 1977, des tirs (dont l’origine reste non identifiée) sur une foule de 500.000 manifestants avaient entrainé un mouvement de panique et la mort de 37 personnes. Après ce drame, tout rassemblement à Taksim pour la Fête du travail avait été officiellement interdit. C’est le président Recep Tayyip Erdoğan, alors qu’il était encore Premier ministre, qui avait fait du 1er mai un jour férié en 2009. A partir du 1er mai 2010, et jusqu’en 2012, les organisations de gauche avaient recommencé à converger vers Taksim pour y célébrer la fête du Travail. Mais depuis 2013, la place est à nouveau déclarée zone interdite pour cette journée symbolique et les autorités y instaurent un blocus policier très strict.

Il y a un an, comme en 2013, le 1er mai avait ainsi dégénéré à Istanbul, où des dizaines de milliers de policiers – 40.000 selon les médias turcs – avaient été mobilisés pour barrer l’accès à la place. À Beşiktaş, manifestants et police anti-émeutes s’étaient violemment affrontés. Cette année, le Comité d’organisation du 1er mai – qui rassemble la Confédération des Syndicats Progressistes (DİSK), la Confédération des Syndicats du Secteur Public (KESK), l’Union des Chambres des Ingénieurs et des Architectes turcs (TMMOB) et l’Association médicale turque (TTB) – a appelé ses membres à maintenir les rassemblements sans préciser de point de rencontre, la finalité étant d’éviter les barrages policiers. Les autorités ont quant à elles annoncé qu’elles renforceraient leurs mesures de sécurité.

Quelque 10.000 officiers de police seront présents ce vendredi sur la place Taksim et ses alentours, bouclés et ceinturés de barrières. Appelées en renfort, des équipes de police extérieures à la ville d’Istanbul seront dépêchées sur les lieux. Des véhicules équipés de canon à eau (TOMA) seront stationnés sur l’avenue Istiklal ainsi qu’aux abords des rues de Tarlabaşı, Gümüşsuyu et Sıraselviler. Les policiers anti-émeutes seront aussi déployés devant le siège de la Confédération des Syndicats Progressistes (DİSK) à Şişli, ainsi qu’à Beşiktaş et Dolmabahçe, où se trouve le bureau du Premier ministre, Ahmet Davutoğlu.

La circulation du métro Hacıosman-Yenikapı sera suspendue entre Osmanbey et Şişhane, les deux arrêts situés de part et d’autre de Taksim. Le funiculaire qui relie Kabataş à Taksim sera également interrompu afin d’empêcher les manifestants d’atteindre la place.

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