1er Mai en Guyanne : Marche sur le barrage d’Iracoubo

France Guyanne, 24 avril 2015 :

Nous vous en parlions dans notre édition d’aujourd’hui, huit associations dont la Cimade, Aides et Médecins du monde ont formé plusieurs recours contre le barrage d’Iracoubo. Elles ne sont pas les seules. Ainsi, l’Union des Travailleurs Guyanais (UTG) annonce qu’elle prépare également une manifestation contre le poste aux frontières de l’Ouest. Le syndicat appelle la population à se rassembler avec ses membres, le 1er mai prochain, à Iracoubo et à passer le barrage, à pied, sans présenter de papiers d’identité.

Un appel à la désobéissance pour protester contre l’entrave au droit de circulation que constitue le barrage selon l’UTG. « On nous impose une frontière à l’intérieur du pays, déclare la centrale UTG. On veut nous faire croire que le poste de contrôle sert à lutter contre la délinquance et a intercepter les mules : c’est de l’illusion. Ce barrage est une atteinte à notre dignité !».
Des bus partiront de la digue ronjon à 6 heures du matin et également de Kourou. Pour ceux qui souhaiteraient se rendre sur place avec l’UTG, les numéros suivants sont disponibles 0594 30 97 47 ou 0694 22 48 65. Un meeting se tiendra ensuite dans le bourg.

France Guyanne, 23 avril 2015 :

Plusieurs recours ont été formés contre l’arrêté préfectoral instituant les postes de contrôle de Régina et d’Iracoubo.

C’est par arrêté préfectoral que les barrages d’Iracoubo et de Régina sont établis. Tous les six mois, le préfet signe leur reconduction. Estimant que les deux barrages entravaient la liberté de circuler, d’accès aux soins ou à l’éducation, huit associations (1) ont déjà formulé plusieurs recours devant le tribunal administratif de Cayenne. Pour l’instant tous rejetés. Une nouvelle requête a été examinée hier matin par le tribunal, demandant cette fois l’annulation de l’arrêté du 31 décembre 2013 « portant réglementation de la circulation sur la RN1 » . Le verdict sera rendu dans une quinzaine de jours.

Pour Lucie Curet, de la Cimade, « le barrage porte notamment atteinte au droit à la santé, puisque tous les centres ne sont pas accessibles de manière égale que ce soit à l’ouest ou à l’est du territoire » . Elle poursuit : « Certaines personnes doivent nécessairement se rendre à l’hôpital de Cayenne pour poursuivre leur traitement. Dans ces cas-là, l’acheminement est compliqué. »

En octobre 2013, Me Dominique Monget-Sarrail, qui représente les associations, s’exprimait ainsi dans nos colonnes. « Des personnes qui n’ont pas de carte de séjour et qui vivent de part et d’autres des barrages ne peuvent passer. Or les démarches pour régulariser leur situation se font à Cayenne. »

Il a été soulevé par la préfecture – et c’est l’argument qui a été retenu par le tribunal de Cayenne – que les associations intervenantes n’avaient pas à réagir sur ce contentieux, leur objet n’étant pas la réglementation de la circulation et/ou leur siège étant situé dans l’Hexagone. « C’est extrêmement grave, car cela sous-entend qu’une association nationale n’aurait pas vocation à agir en justice pour un enjeu local » , proteste Lucie Curet. Un point qui sera débattu à la cour administrative d’appel de Bordeaux en mai.

(1) Aides, la Cimade, le Collectif Haïti de France, le Comede, la Fasti, le Gisti, la Ligue des droits de l’Homme et Médecins du Monde.

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