Belgique : Grève mercredi dans la fonction publique

DH, 20 avril 2015 :

Ce mercredi 22 avril, les services publics seront en grève : transports, enseignement, administrations… s’arrêtent 24 heures.

Mardi à 22 heures, les services publics entament un arrêt de travail de 24 heures. L’ensemble du secteur sera touché par la grève, même si une paralysie totale semble exclue. Tous les syndicats ne font pas front, contrairement à décembre 2014, marqué par la manifestation nationale, les grèves tournantes et une grève nationale.

En tête du mouvement : la CGSP. Le 1er avril, par la voix du secrétaire général de son interrégionale wallonne, Thierry Bodson, elle a appelé à une mobilisation massive sur les piquets de grève. Ce jour-là, M. Bodson haranguait 2.000 manifestants, devant le Parlement wallon à Namur. C’est loin des 100.000 marcheurs du 6 décembre.

« […] on a pu constater au cours de ces six derniers mois qu’on est face à un gouvernement qui, contrairement à ce qu’il dit, nie complètement la concertation sociale et prend quand même à chaque fois les décisions », a insisté le syndicaliste. « Politiquement, le MR fait courir des risques immenses au pays au travers de sa collaboration avec la N-VA et de la mise en cause de la concertation sociale. »

La semaine dernière, la CSC-Transcom a annoncé qu’elle couvrirait les cheminots et les travailleurs de bpost, deux entreprises très touchées tant par les mesures gouvernementales que par leur propre gestion interne, soumise aux économies à réaliser. Ce sont les deux exceptions, à ce jour, puisque la CGSLB et le reste de la CSC n’ont pas souhaité suivre le mouvement pour donner « toutes ses chances à la concertation sociale ».

Si la grève générale n’est pas à l’ordre du jour des syndicats chrétien et libéral, ces derniers n’en restent pas moins sur le pied de guerre. Plusieurs fois mobilisés dans la rue ces dernières semaines, ils assurent vouloir maintenir la pression sur le gouvernement et le patronat.

Pour rappel, cette grève des services publics prend cours dans un contexte social délicat. L’ensemble des syndicats s’est en effet mobilisé à plusieurs reprises ces dernières semaines – dont Namur, mentionné plus haut – pour dénoncer les « mesures d’austérité et de régression sociale décidées par le gouvernement Michel ».

Critiques reprises dans l’argumentaire de la CGSP (lire ci-contre) pour justifier son action globale du 22 avril, même s’il concerne plus spécifiquement les services publics, particulièrement mis sous pression en matière d’économies à réaliser.

Pas de courrier, pas de bus…

À Bruxelles, à l’instar de la SNCB, la Stib s’attend à de fortes perturbations sur son réseau. Comme l’action n’est couverte que par un seul syndicat, il est difficile d’évaluer l’ampleur du mouvement, indique-t-on du côté de la société bruxelloise de transport. Une équipe sera mobilisée dès 6 h du matin pour informer au mieux les voyageurs, via l’application mobile, le site internet et la ligne de contact 070/23.20.00. En Wallonie et en Flandre, les réseaux Tec et De Lijn devraient également être paralysés par la grève.

Mercredi, le courrier ne devrait pas être distribué, d’autant plus que la CSC-Transcom a, dans ce cas-ci, exprimé son soutien au mouvement lancé par la CGSP. Les enseignants affiliés au syndicat socialiste ne devraient pas donner cours.

On s’attend également à des services tournant au ralenti dans les administrations communales et les CPAS. Des parcs à conteneurs seront également fermés.

Enfin, certains policiers et pompiers seront également en grève. Des piquets de grève sont également prévus par la CGSP.

Les mesures qui coincent

Avec ses piquets de grève, mercredi, la CGSP entend dénoncer les économies menées dans les services publics par le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux. Selon le syndicat socialiste, elles engendrent une hausse de la charge de travail et un manque d’investissement. Les autres syndicats posent les mêmes constats mais ne brandissent pas (encore) la menace d’une grève.

Ce ne sont pas les seules mesures qui fâchent. D’autres sont aussi pointées du doigt, donc certaines ont déjà entraîné l’ensemble des mouvements syndicaux à se mobiliser. Petit rappel des principales raisons des mouvements de grogne récents et à venir.

Le saut d’index : selon les syndicats, il fera perdre 20.000 euros à chaque travailleur sur l’ensemble de sa carrière.

Le relèvement de l’âge légal de la pension : de 65 ans, il passera à 67 ans à terme. Le front commun syndical dénonce aussi la disponibilité des prépensionnés sur le marché du travail jusqu’à 65 ans. Il demande des négociations libres au sein de chaque secteur.

Le tax shift : le front commun demande plus de justice fiscale, en faisant moins peser l’effort sur les travailleurs notamment.

Le rail sera paralysé par la grève

Deux syndicats participent au mouvement, ce qui accroît le risque de perturbations.

Le transport ferroviaire de passagers devrait être le secteur le plus touché par la grève du 22 avril. D’abord, parce que la CGSP est à l’origine de l’appel à la mobilisation, et est aussi très bien implantée dans le milieu ferroviaire.

Ensuite, car la CSC-Transcom, en charge du transport ferroviaire, a annoncé le 15 avril qu’elle couvrirait les cheminots. Le syndicat regrette, comme son équivalent socialiste, « les mesures néfastes contre les chemins de fer belges ».

« Il est difficile de connaître l’ampleur exacte de la grève sur le réseau », commente Nathalie Pierard, porte-parole de l’entreprise ferroviaire. « Il y aura certainement des trains qui rouleront », mais très peu et ils devraient être cantonnés sur les lignes rurales.

Comme la grève débute le mardi à 22 heures, les voyageurs sont invités à prendre leurs précautions bien avant cela : « Il faut se méfier des arrivées après 22 heures, et même 21 h 30 », continue Mme Pierard. L’action pourrait empêcher les trains de rejoindre leur destination…

D’autant plus que certaines régionales syndicales ont déjà fait connaître leurs intentions. Ainsi à Bruxelles, Philippe Dubois, secrétaire permanent CGSP, se désole : « Les services publics sont terriblement attaqués par le programme du nouveau gouvernement. Le groupe SNCB et les cheminots subissent de multiples attaques. L’avenir du rail est en grand danger. Pour toutes ces raisons, les cheminots bruxellois bloqueront totalement la circulation ferroviaire ce 22 avril ! »

À cet effet, plusieurs piquets de grève seront dressés aux différents points névralgiques du réseau : les ateliers de Schaerbeek et de Haren, les grandes gares du centre et les bâtiments de direction, rue de France, tout à côté de la gare internationale de Bruxelles-Midi.

Plusieurs fois dans le passé, de telles actions ont démontré leur impact sur le réseau ferroviaire dans sa globalité, la capitale étant le cœur de l’étoile qu’il constitue.

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