International Cookware : grève reconduite

La Nouvelle République, 16 avril 2015 :

Leurs négociations avec la direction étant dans l’impasse, les salariés de l’usine ont reconduit leur préavis de grève jusqu’à demain… au moins.

Les palettes et les planches ont continué à brûler de plus belle, hier encore, pendant toute la journée, devant l’usine International Cookware qui fabrique les plats Pyrex®, allée des Sablons.

Suivie par « au moins 90 % » des 420 salariés, la grève lancée par la CFDT et la CGT a de nouveau paralysé la production de 9 h à 17 h, l’usine devant encore fonctionner la nuit et les week-ends, « pour l’instant », prévient Christian Llinarès, représentant syndical CFDT. Celui-ci annonce également que le préavis qui court jusqu’à demain, est susceptible d’être reconduit. En cause : les négociations salariales avec la direction, toujours dans l’impasse.

 » Une fracture  » selon les syndicats

Les salariés qui avaient obtenu une hausse de 3 % l’année dernière, ont, cette année, entamé leur négociation annuelle obligatoire (NAO) sur une base de départ de 4 %, mettant en avant « une année 2014 aux résultats records pour l’entreprise » (1). « Mais les résultats globaux du groupe, eux, sont critiques, réplique Claude Bin, directeur du site castelroussin. Le manque de ventes à l’international l’année dernière a creusé un trou significatif de plusieurs millions d’euros dans la trésorerie et le budget est très serré. » La proposition de hausse de 0,50 % de la direction – qui correspond à « une augmentation de 6 € nets par mois en moyenne », d’après Christian Llinarès – apparaît ainsi non-négociable. « On a joué cartes sur table, avance Isabelle Baradeau, directrice des ressources humaines. C’est un taux qui correspond à l’inflation et nous voulons d’abord que les salariés conservent leur pouvoir d’achat. » Seul levier de négociation restant : la grille des primes d’intéressement, rediscutée chaque année sur différents critères (ventes, tonnes produites, etc.) en fonction des objectifs. La direction du site a établi une proposition initiale à 400 € par salarié, « soit 1,21 % de la masse salariale, alors que l’échelon 100 % de la grille représente normalement 1 % de la masse salariale », explique Isabelle Baradeau. Une démarche que les salariés estiment « trop aléatoire », et « qui ferme la porte aux négociations », lâche Christian Llinarès.
La direction annonce qu’elle va rencontrer tour à tour les différentes équipes qui se relaient sur le site pour leur expliquer son point de vue. La réunion d’hier matin devant l’usine a en tout cas laissé apparaître « une fracture » d’après les syndicats, de nombreux salariés refusant ostensiblement d’aller à la rencontre de leurs dirigeants. Le bras de fer ne fait visiblement que commencer.

(1) 40.600 tonnes bonnes à vendre, sorties de l’usine, 96 M€ de chiffre d’affaires et 4,1 M€ de résultat brut d’exploitation (et non 12,5 M€, comme indiqué dans notre édition d’hier).

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