Afrique du Sud: le rapport sur le massacre de la mine de Marikana remis mardi

AEM – AFP, 30 mars 2015 :

Le rapport de la commission d’enquête sur le massacre de la mine de Marikana, la pire fusillade policière en Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid avec 34 mineurs abattus en 2012, sera remis mardi au président Jacob Zuma, a annoncé la commission.

Afriksudfr2

« La commission remettra son rapport demain (mardi) au président, il n’y a pas de cérémonie formelle organisée », a indiqué à l’AFP M. Phuti Setati, secrétaire de la commission, sans pouvoir indiquer dans quel délai le rapport sera rendu public.

« La commission ne sait pas ce qu’il adviendra du rapport, rappelez-vous que notre mandat était d’enquêter, de rédiger et de remettre le rapport, son existence s’arrête là », a-t-il souligné.Â

La semaine dernière, les militants de la Campagne de soutien à Marikana ont réclamé la publication « complète et immédiate » du rapport, dans une version non expurgée et telle que remise au président, notamment aux familles des victimes.

« Nous comprenons que la commission soit réticente et qu’elle soit obligée par les termes de son mandat de remettre le rapport d’abord au président pour qu’il puisse y apporter ses commentaires. Nous notons que lors de commissions d’enquêtes précédentes, le président a réagi dans les deux semaines (…) A la lumière de çà, nous demandons que le rapport intégral non révisé soit rendu public le 1er mai au plus tard », a plaidé Rehad Desai dans un communiqué de cette association de soutien aux victimes et leurs familles.

Trente-quatre mineurs en grève illégale à la mine de platine de Marikana (à 135 km de Johannesburg), furieux contre leurs délégués syndicaux et leurs salaires, avaient été abattus par la police anti-émeute, et plus de 70 blessés.

Le drame avait exacerbé la grève dans tout le secteur clé des mines et a durablement terni l’image de la jeune démocratie sud-africaine.

A ce jour, aucun responsable de la police n’a été jugé ou sanctionné, mais la commission d’enquête avait le pouvoir de recommander des mises en examen.

De bout en bout, la police a plaidé la légitime défense, notant que les grévistes étaient armés d’armes blanches. Dans les jours précédant le massacre, la grève sauvage avait fait dix morts, dont deux policiers déchiquetés à la machette.

La commission d’enquête a cependant démontré que la police avait fait preuve d’improvisation, agi par vengeance et sous le coup d’interférences politiques, avant « une tentative délibérée d’induire en erreur » le travail d’enquête.

La commission a établi que la fusillade principale, filmée à l’époque par toutes les télévisions, en cachait une autre, lorsque les mineurs ont fui, pourchassés par des policiers livrés à eux-mêmes: 17 grévistes ont été tués durant cette poursuite.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s