Madagascar : Grève à la mine d’Ambatovy

L’Express de Madagascar, 25 mars 2015 :

Le personnel de la mine d’Ambatovy accuse la compagnie de négligence dans la prise en charge d’un employé malade qui est décédé. Ils sont en grève depuis une semaine.

Une tension couve. Des employés de la mine de nickel et de cobalt de Moramanga sont entrés en grève depuis une semaine. Deux faits sont à l’origine de ce mouvement. Le premier concerne une accusation de négligence dans la prise en charge d’un employé malade décédé quelques jours après son évacuation à Anta­na­narivo. L’autre fait est lié à la disparition d’une cargaison de carburant destiné à Amba­tovy qui n’a jamais été livré alors que la compagnie pétrolière affirme le contraire et réclame le paiement. Deux employés de la compagnie sont accusés de complicité dans l’affaire et sont mis en détention préventive.

« Ambatovy a mené une enquête. Elle a conclu que c’était au niveau de la compagnie pétrolière qu’il y a eu usage de fausse signature pour confectionner un faux bon de livraison. Les deux employés d’Ambatovy devaient donc être libres, mais convoqués à la police économique comme témoins. Ils ont été finalement accusés de complicité», explique l’un des représentants des employés. «Nous demandons donc à ce qu’ils soient libérés car une enquête les a blanchis et demandons à ce qu’Ambatovy leur apporte assistance puisqu’ils sont présumés innocents », poursuit-il.

Concernant le décès de l’employé, un cadre malgache qui travaillait à la mine. Le 6 mars à six heures du matin, il a été pris d’un malaise. Amené d’urgence au service sanitaire du site, son état est resté inchangé et le médecin a décidé son évacuation vers l’hôpital de Mora­manga à neuf heures. C’est une ambulance de la compagnie qui l’a conduit mais arrivé à Moramanga, le médecin sur place l’a, à son tour envoyé à Antanana­rivo. Pour des raisons de règlementation interne, l’ambulance ne pouvait aller plus loin et a été rappelé. Ce sont ses amis qui ont décidé de cotiser pour affréter l’ambulance de l’hôpital et assurer l’évacuation. L’affaire a pris de l’amp­leur lorsqu’il est décédé deux jours plus tard, le 9 mars.

« C’est la lenteur de la prise en charge que nous déplorons, mais il y a également deux poids, deux mesures par rapport aux expatriés. Il y a près d’un mois, des cadres étrangers ont été évacués par avion vers l’Afrique du sud », déplore l’employé.
Pas de réaction officielle, pour l’instant, au niveau du bureau de la société Amba­tovy à Madagascar. C’est Sherritt international, son actionnaire majoritaire, qui a émis un communiqué mentionnant que « Sherritt s’est engagé à travailler en collaboration avec les représentants des employés et des représentants du gouvernement pour résoudre rapidement ce différend et reprendre les niveaux de production normaux ». Il assure également que « le mouvement à son stade actuel, ne devrait pas affecter les prévisions de production pour 2015 ».

Le gouvernement malgache à travers le ministre auprès de la présidence en charge des Mines et du pétrole, a déjà pris les choses en main. Le ministre Joeli Valérien Lalaha­risaina avait déjà reçu les représentants des deux parties pour entendre la version de chacun. Une rencontre avec la direction générale du Travail a été programmée hier pour trouver une solution. « J’encou­rage les deux parties à privilégier le dialogue afin d’éviter la dégradation de la situation. Les compagnies étrangères qui travaillent à Mada­gascar devront être davantage à l’écoute et attentifs aux attentes des employés locaux », a déclaré le ministre, joint au téléphone

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