Nouvelle menace de grève à Tisséo à cause des salaires

La Dépêche, le vendredi 13 mars 2015

Grosse pagaille hier matin dans les trois dépôts de bus Tisséo suite à des distributions de tracts et barrages filtrants. Les syndicats réclament une hausse des salaires.

La sortie des bus dans les trois dépôts Tisséo a été fortement perturbée, hier matin./Photo DDM archives X. de F.

Le climat social est toujours tendu au sein de Tisséo. Alors que l’extension nocturne du service métro jusqu’à 3 heures du matin, les nuits des vendredis et samedis, ne passe toujours pas du côté syndical, avec des perturbations récurrentes les nuits de week-end, ce sont les chauffeurs de bus qui ont pris le relais hier matin en perturbant la sortie des véhicules par des distributions de tracts et barrages filtrants dans les trois dépôts d’Atlanta, Colomiers et Langlade.

De nombreuses lignes de bus ont vu leur trafic perturbé, certains véhicules ne prenant leur service qu’avec deux ou trois heures de retard sur l’horaire normal. La situation ne devait redevenir normale que vers 10 heures du matin, tandis qu’un incident technique perturbait aussi la ligne B du métro (une rame en défaut station Borderouge a interrompu le trafic de 8 h 16 à 8 h 42).

Question de salaire

Si les traminots protestent, depuis de nombreuses semaines, contre la montée de l’insécurité (incidents ligne 14, chauffeur agressé il y a quelques jours sur la 12), ce sont des raisons salariales qui motivent cette fois-ci ce brusque accès de fièvre sociale.

«Lors de la dernière réunion des négociations annuelles obligatoires, mercredi, la direction nous a fait des propositions pas convenables», explique Benjamin Bordères, secrétaire Sud Transport du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), «0,45 % de hausse de salaire sur l’année et une augmentation de 10 % de la prime du samedi, soit 1 € brut. L’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Sud) a décidé de distributions de tracts et de barrages filtrants dans les dépôts ce jeudi matin et d’actions ciblées à venir. Un nouveau préavis de grève est en cours d’autant que la direction nous promet cinq ans de disette salariale. Parmi les actions envisagées, nous prévoyons d’empêcher l’inauguration de la ligne de tramway Envol prévue le 11 avril».

Le militant syndical argumente : «Tisséo est le troisième réseau le plus productif de France mais seulement le 22e pour les salaires. Les cadres ont obtenu 13,7 % d’augmentation en trois ans contre seulement 11 % pour les ouvriers durant la même période. Et ceci sur des sommes beaucoup plus importantes pour les cadres que les ouvriers et chauffeurs. Alors que tous les voyants sont au vert, Tisséo n’étant pas en déficit (c’est l’autorité organisatrice SMTC qui finance Tisséo qui est déficitaire), la direction doit faire un effort».

Une réunion s’est tenue hier après-midi entre direction et intersyndicale pendant plus de deux heures. Une autre réunion est prévue jeudi prochain dans le cadre de l’alarme sociale déclenchée par les syndicats.


L’inauguration du tram menacée

La mise en service du tram T2 qui reliera Toulouse à son aéroport est prévue pour le samedi 11 avril. L’intersyndicale de Tisséo, mécontente des propositions salariales de la direction, a menacé hier de perturber ou d’empêcher toute inauguration de cette nouvelle ligne. Le tramway n’a décidément pas de chance à Toulouse. L’inauguration officielle de la ligne T1, qui marquait le retour de ce mode de transport absent de la Ville rose depuis 1957, a été annulée en décembre 2010 en raison d’un grave conflit social, qui immobilisa les rames pendant près d’un mois. De même, la prolongation de cette même ligne T1 sur la rive droite de Garonne, jusqu’à Palais de Justice, a été mise en service, début 2014, dans le plus parfait anonymat, en raison d’un conflit social et après que le maire d’alors, Pierre Cohen, a été empêché par le syndicat Sud d’accompagner une visite de presse quelques jours avant l’inauguration, finalement annulée.

«L’intersyndicale souhaite le dialogue», indique Benjamin Bordères (Sud) «mais si la direction reste sur ses positions, nous n’excluons pas de perturber le lancement de la ligne Envol». Côté direction, on se borne à indiquer : «La négociation n’est pas rompue. Direction et syndicats ont prévu de se revoir la semaine prochaine dans le cadre de l’alarme sociale».

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