Grève générale contre la vie chère au Burundi

Afrique Expansion, 5 mars 2015 :

L’appel à la grève générale au Burundi, lancé par un collectif contre la vie chère dans un contexte politique tendu, a été suivi jeudi de manière contrastée à Bujumbura, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le collectif, qui regroupe quelque 1.300 associations de la société civile et syndicats, s’est félicité du succès d’une grève selon lui « largement suivie », ce que le gouvernement a contesté.

« Nous avons constaté que la grève a été largement suivie à plus de 80%, malgré toutes les intimidations qu’on a vues », a déclaré à l’AFP Gabriel Rufyiri, l’un de responsables du collectif.

Le collectif a dénoncé des pressions sur les fonctionnaires, menacés d’être renvoyés s’ils participent au mouvement, ou encore de policiers sur les chauffeurs de taxis-bus, qui ont écopé d’amendes pour avoir fait grève.

Selon le ministre de l’Intérieur Edouard Nduwimana, « tous les agriculteurs burundais étaient dans les champs aujourd’hui ».

« Il y a beaucoup de monde qui a travaillé, et oui il y en a d’autres qui n’ont pas travaillé mais vous savez, les Burundais ont cette culture de la paresse et il y en a donc qui en ont profité pour rester à la maison », a-t-il poursuivi.

La grève était largement suivie tôt dans la matinée à Bujumbura: les bus, taxis-vélos et taxis-motos se comptaient au compte-gouttes et la plupart des écoles et des magasins étaient fermés.

Mais le mot d’ordre était moins respecté dans le secteur public, a constaté un journaliste de l’AFP.

Il était plus difficile de se faire une opinion en début d’après-midi car la circulation était plus dense à Bujumbura, sans toutefois les habituels bouchons.

Cette grève générale, motivée par la hausse des prix de l’essence et une nouvelle taxe sur les appels téléphoniques, est intervenue dans un climat déjà tendu dans le petit pays d’Afrique des Grands Lacs à l’approche d’élections générales (législatives et communales en mai, présidentielle en juin).

Le ministre de l’Intérieur a reconnu que certaines revendications des grévistes étaient peut-être « fondées », mais il leur a reproché de protester « alors que le président (Pierre Nkurunziza) a pris la question en mains ».

Déplorant de n’avoir pas encore eu de « réponse » du gouvernement à ses revendications, le collectif a lui décidé de se réunir vendredi en vue d’actions « plus sévères », a affirmé M. Rufyiri.

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