Fenwal : jusqu’en Allemagne pour sauver leurs emplois

La Nouvelle République, 3 mars 2015 :

Une centaine de salariés de Fenwal (La Châtre, Indre), où 338 emplois sont menacés se sont rendus à Francfort pour faire pression sur la direction du groupe.

Vingt-six heures de car, aller-retour, en deux jours, de l’Indre à la banlieue nord de Francfort (Allemagne). C’est par cette action particulièrement forte qu’une centaine de salariés de l’usine Fenwal de La Châtre (Indre), où 338 des 461 emplois doivent être supprimés, ont choisi d’exprimer leur mécontentement.

Lundi 2 mars au matin, ils se sont rendus au siège du groupe Fresenius, propriétaire de l’entité indrienne, qui compte 150.000 salariés dans plus de cent pays, alors que leurs collègues restés dans l’Indre, également en grève, ont manifesté devant le site castrais.

Dignes et déterminés, ils ont ensuite défilé dans les rues, brandissant panneaux et banderoles traduits en allemand.

Une délégation d’une dizaine de membres du collectif pour la sauvegarde de l’emploi, du comité d’entreprise et d’élus locaux, ont été reçus au siège de la division médicale de Fresenius, alors que la majorité des salariés patientait sur le parvis et dans le hall, devant des poches de sang trônant au mur, vitrines de l’entreprise. La démarche, inhabituelle en Allemagne, a visiblement surpris et marqué les dirigeants du groupe. L’entrevue n’a cependant débouché sur aucune avancée concrète, au terme de deux heures et demie de discussions, où chaque partie a réaffirmé son point de vue.

« Fenwal recherche les solutions qui permettront de réduire le nombre de licenciements », a assuré Thomas Graaf, directeur de Fenwal France, évoquant une réunion « constructive ».

Des mesures qui, pour être réellement efficaces, nécessitent du temps et donc la suspension du plan de sauvegarde de l’emploi, selon les représentants des salariés. « Nous avons eu une discussion franche mais aussi ferme et difficile », a confié Nicolas Forissier, maire de La Châtre, arrivé à Francfort hier matin par avion.

« Je pense que les dirigeants commencent à comprendre que les choses ne sont pas aussi simples qu’ils l’avaient pensé. Ils ont une volonté, du moins affichée, de trouver des solutions pour réduire le nombre de suppressions d’emplois. Mais pour l’instant, nous considérons que le compte n’y est pas vraiment. Nous voulons la preuve qu’ils font le maximum. Ils ont une responsabilité morale à l’égard des salariés et de tout le territoire qui a besoin de ce poumon économique qu’est Fenwal. J’espère qu’ils ont compris la force du message. »

Alors que les négociations doivent s’achever à la fin du mois, les salariés ne savent toujours pas de quoi leur avenir sera fait. Les dirigeants de Fresenius leur ont promis des réponses dans les jours à venir. « On a quand même dit ce qu’on avait à dire », conclut une salariée. L’équipe du matin reprendra le travail aujourd’hui, à 6 h, mois de quatre heures après le retour de la délégation à La Châtre.

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