Les Rives : un week-end d’occupation

La Dépêche, 28 février 2015 :

L’entreprise de conditionnement et d’emballage de fruits «Les Rives», propriété du groupe belge Ringoot, a décidé de se séparer de 9 des 13 salariés du site de Montauban pour «motif économique». En guise de protestation et en attendant l’aboutissement des négociations, le personnel licencié a investi les locaux.

Cinq femmes installent leur campement

Après un premier jour de grève, elles sont cinq femmes à installer leur campement pour la nuit. Le réfectoire devient dortoir. Ainsi, elles posent des matelas à même le sol, entre le café et les lettres de licenciement.

Le lendemain matin, les locaux se remplissent. Des salariés bien sûr, mais aussi des représentants syndicaux et d’autres. «Nous avons mal dormi mais quand nous voyons le soutien que certains nous apportent ça touche, vraiment», confie Amina, la mine fatiguée. Dans ce petit campement de fortune, la solidarité et l’entraide priment. Chacun apporte sa pierre à l’édifice. Quand l’une prépare le café, d’autres plongent le nez dans la paperasse afin d’essayer de trouver des solutions. «Il y a même des gens que nous ne connaissons pas qui viennent pour nous soutenir, c’est incroyable !», s’exclame Sylvie qui travaille ici depuis 8 ans.

Les discussions vont bon train, mais elles ne sont alimentées que par un seul sujet, ou presque.

Une ouverture des négociations timide

Dans la matinée, des inspecteurs du travail viennent jouer les médiateurs entre la direction et les salariés pour amorcer les négociations. Après quelques tractations, les modalités sont fixées. La rencontre est prévue pour 14 heures en présence de deux salariés, deux représentants syndicaux et le directeur du site. Après moins de deux heures d’entretien, la situation reste bloquée. «Nous avons exposé nos revendications mais le directeur, lui, nous a clairement dit que les négociations ne se feraient pas aujourd’hui. Nous avons donc fixé un nouveau rendez-vous pour mardi matin», explique Lina Desanti, secrétaire départementale de la CGT82.

Deux solutions pour le syndicat

Faute d’aboutissement des négociations, les salariés vont continuer l’occupation de l’usine… en attendant la poursuite du dialogue. «De toute façon, nous allons rester jusqu’au bout maintenant. Nous voulons partir la tête haute car nous le vivons comme une véritable humiliation», lâche Isabelle, le regard déterminé.

Du côté de la CGT, deux solutions apparaissent. «Soit nous trouvons un accord qui convient aux salariés et le conflit se termine ; soit nous pourrons monter au siège du groupe Ringoot en Belgique, avant de poursuivre au tribunal pour contester le caractère économique des licenciements», annonce Lina Desanti.

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