« Les Rives » : les salariés licenciés occupent le site

La Dépêche, 27 février 2015 :

L’entreprise de conditionnement et d’emballage de fruits «Les Rives», propriété du groupe belge Ringoot, a décidé de licencier 9 des 13 salariés que compte le site de Montauban. Le motif est économique. «La société traite les pommes, les prunes et les melons. Et la direction a annoncé que la pomme était déficitaire. Or, c’est cette activité qui fait tourner l’entreprise en hiver et qui justifie donc des postes toute l’année. Ainsi, pour eux, s’ils arrêtent la pomme, il faut licencier car ils n’auront besoin que d’emplois saisonniers», analyse Jean-Luc Pastre, secrétaire de l’Union locale de la CGT à Montauban. Une situation délicate sur laquelle la direction n’a pas souhaité s’exprimer.

«Je n’ai rien vu venir…»

Hier, jour de convocation pour les entretiens préalables au licenciement, les salariés ont décidé de se mettre en grève.

Sous la pluie, les visages sont tendus. Les premiers à ressortir de leur face-à-face avec le directeur sont écœurés. «J’ai 60 ans, je peux prétendre à un départ à la retraite en début d’année prochaine et tout ce que l’on me propose c’est de postuler pour un poste en Belgique…», se désole Daniel Adelé, manutentionnaire. D’autres n’en reviennent pas. «Je n’ai rien vu venir. L’entreprise réalisait de gros investissements matériels alors pourquoi toujours imaginer le pire ?», se demande Amina Hammoukaddour.

Une fois les entretiens terminés, une assemblée générale s’est tenue. afin de déterminer les actions à mener. Et les salariés ont voté l’occupation des locaux pour réclamer l’ouverture des négociations. «Nous voulons des indemnités décentes pour les personnes qui sont proches de leur départ à la retraite et un budget de formation conséquent pour les autres. Bien entendu, nous demandons aussi à ce que les heures supplémentaires soient payées ainsi que les jours de grève», détaille Lisa Desanti, secrétaire départementale de la CGT 82.

«C’est la première fois que je fais grève»

Installés dans le réfectoire de l’entreprise, les salariés attendent des nouvelles. Le directeur du site vient puis repart après quelques échanges houleux. Il ne souhaite pas s’exprimer en présence de personnes extérieures à la société, à l’instar des représentants syndicaux et de la presse.

Puis, tout d’un coup, certains sortent de la salle en courant. «Un camion essaye de rentrer pour charger», lance l’un d’eux. Impossible. Les salariés font immédiatement barrage. «C’est la première fois que je fais grève alors que je travaille depuis plus de 30 ans… De toute façon, nous n’avons plus rien à perdre», confie Viviane Tourel, 15 ans d’ancienneté, qui peine à cacher ses émotions. .

En attendant une éventuelle ouverture des négociations avec la direction du groupe Ringoot, les salariés continuent l’occupation du site, route de Bordeaux.

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