Grève illimitée à La Poste en Basse-Normandie

Normandie Actu, 24 février 2015 :

Le mardi 24 février 2015, 1 300 salariés de La Poste étaient en grève, dans l’ensemble de la Basse-Normandie. « Un mouvement de grève historique », selon les syndicats. Détails.

C’est « un mouvement de grève historique » pour les syndicats de Basse-Normandie de La Poste. Le mardi 24 février 2015, entre 900 (chiffres de la direction) et 1 300 salariés (selon les syndicats) de La Poste ont répondu à l’appel à la mobilisation lancé en Basse-Normandie. Leurs revendications ? Conserver leurs conditions de travail actuelles. Pour se faire, syndicalistes et salariés ont voté la grève illimitée, à partir du mardi 24 février 2015. Sa reconduction sera, elle aussi, votée tous les jours en assemblée générale.

Une mobilisation historique

Le mouvement est mené par l’intersyndicale de Basse-Normandie CGT-FAPT, Sud, CFTC et FO Manche et Orne. Le mardi 24 février 2015, 550 salariés de La Poste se sont rassemblés à Caen (Calvados), et 1 300 grévistes (sur un total de 3 000 salariés selon les syndicats), dans l’ensemble de la Basse-Normandie. Le représentant syndical CGT-FAPT de La Poste de Lisieux, Christophe Musslé, savoure. Ce dernier précise que l’ampleur de la mobilisation est historique : « Cela ne s’est jamais vu », assure-t-il. Les revendications ? « Conserver nos conditions de travail actuelles », répond-il. Depuis la fin de l’année 2014, la direction régionale de La Poste aurait mis en place de nouveaux horaires de travail dans certaines villes de la région. Des horaires que contestent les facteurs :

« Actuellement, les facteurs travaillent en une fois : de manière générale, de 6h à 13h, avec une pause de 20 minutes payée. Aujourd’hui, on nous propose de travailler le matin, et l’après-midi, avec une pause méridienne de 45 minutes, non payées. En résumé, nous allons travailler plus et perdre une pause. Nous perdrons environ 400 euros à l’année. Nous demandons donc à conserver cette plage horaire unique, avec notre pause payée », répète Christophe Musslé. »

Selon la direction, 900 personnes se seraient mobilisées pour 2 530 salariés en région Basse-Normandie, le mardi 24 février 2015.

La réponse de la direction

« Nous nous sommes réunis 35 minutes avec les syndicats ce matin (Ndlr : mardi 24 février 2015). Nous leur avons expliqué que les aménagements d’horaires pour la pause méridienne étaient à étudier au cas par cas, selon les sites concernés. Ces initiatives ne concernent pas tous les sites. Aujourd’hui, nous estimons en effet qu’il est de notre devoir d’aménager une pause pour les salariés qui finissent au-delà de 14h. Nous avons invité les salariés à négocier avec leurs directions locales », rapporte Maurice Vigneron, directeur du courrier régional à Caen. Le délégué départemental de la Manche de La Poste n’aurait pourtant fourni aucune réponse aux salariés, selon les syndicats :

« Quelle réponse ? Aucune ! Le délégué départemental, Mr Torchu, était à Paris, comme par hasard… Ils ne nous a jamais reçus, que cela soit avant, ou après la grève ! Ils se renvoient la balle entre la direction régionale et les directions locales, c’est tout », estime, de son côté, Christophe Musslé. »

Concernant les nouveaux aménagements d’horaires, qui s’étendent à la journée, le directeur a rappelé « la nécessité de s’adapter à la baisse du trafic, qui est de 6% par an, depuis 2012 », ainsi que de suivre « l’évolution, dans l’heure, d’envoi et de réception des courriers qui se fait plus tardive, impliquant un nouvel aménagement des horaires ». L’aménagement des horaires serait donc nécessaire, afin de « continuer à répondre au mieux aux besoins des clients » et « d’assurer la pérennité de l’emploi des facteurs ».

Une initiative bas-normande ?

Si la Haute-Normandie n’est pas concernée par cette grève, c’est parce que la réorganisation du temps de travail proposée est une initiative bas-normande : « La Basse-Normandie veut montrer qu’elle va plus loin que les orientations de la direction nationale », estime le syndicaliste de la CGT-FAPT. Une information contestée par la direction, qui assure que la Basse-Normandie ne met pas en place des dispositifs « précurseurs, en la matière » et que d’autres sites expérimentent ce nouvel aménagement d’horaires en France.

Le syndicat CGT-FAPT a indiqué, dans un communiqué du mardi 24 février 2015 que le taux de grévistes recensés était de « 100% sur les bureaux de Cambremer, Orbec, Honfleur et Livarot ; 90% sur Pont l’Évêque ; 80% sur Lisieux ; 50% sur Deauville, Cabourg et Dives-sur-Mer ; soit un total sur la plaque de plus de 75% de grévistes ».

Des rassemblements sont organisés devant les bureaux de Poste de Caen, Lisieux, Vire, Alençon, dès 6h30, le mercredi 25 février 2015. Des délégations des sites Bas-Normands se donneront rendez-vous à Caen, devant le bureau de la direction, quai Vendeuvre, à Caen, à 10h30.

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