Mauritanie : La grève à la SNIM suivie à plus de 91%

Tagadoum, 22 février 2015 :

La grève générale, observée depuis 3 semaines par plus de 91% des travailleurs de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM) en dehors des cadres « entraîne une quasi paralysie totale des sites de production du minerai de fer », affirme la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM), dans une déclaration rendue publique samedi.

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La SNIM, rappelle-t-on, est la plus importante entreprise publique de Mauritanie du point de vue de la contribution au budget de l’Etat, aux recettes en devises et de son rôle social, avec une offre 6000 emplois directs.

La centrale syndicale rappelle que cette grève est motivée par « le non respect par l’employeur des clauses d’un accord conclu le 03 mai 2014, en vertu duquel la SNIM s’engage à accorder à partir du 1er octobre 2014, une augmentation générale consistante de salaire, verser trois (3) salaires en guise de bonus et de payer un rappel des primes de production impayées au titre de l’année 2014 ».

Des engagements non respectés au motif que la SNIM rencontrerait désormais des difficultés imputables à la baisse des cours mondiaux du minerai de fer.

La CGTM condamne le refus de négocier de la SNIM, et déplore le mutisme inexplicable des autorités, tout en rappelant « le caractère inaltérable du droit de grève, du droit à la négociation et dialogue social ».

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Mauriweb, 22 février 2015 :

Rentrée dans sa troisième semaine, la grève des employés de la SNIM ne connait pas de répit, aucune solution ne pointe à l’horizon, les deux parties campent sur leurs positions. Pourtant, les ouvriers tiennent toujours. « La résistance » des ouvriers tient à la solidarité de toutes les populations de Zouérate, rassemblées pour la même cause. Les femmes sont en première ligne de ce combat pour les droits économiques des travailleurs.

Un tour dans les différents sites de regroupements donne une impression de la détermination de ces grévistes à recouvrer leurs droits. Au Q.G des mineurs, la sérénité règne, les travailleurs gardent espoir de trouver une solution à leurs revendications et restent soudés.

Z.N., gréviste, campe le décor: « ici nous vivons en famille, rien ne nous manque, mais nous n’avons pas cru que l’entreprise allait laisser le mouvement perdurer. Nous sommes ici des gens ouverts, instruits, pacifiques, nous ne réclamons que nos droits. L’entreprise est pour tous les mauritaniens, pas pour des individus. Si elle marche, elle marche pour nous tous, si elle se dégrade tout le monde le sentira ». L’alerte est donnée sur la situation économique de la société. Les implications pernicieuses relevées: « Nous demandons aux autorités suprêmes de trouver des solutions à ce problème car les impacts de cette grève toucheront toute la Mauritanie, pas seulement Zouerate. Le plus facile à faire c’était de convoquer les délégués des travailleurs pour des négociations, nous sommes prêts à rembourser de nos poches si réellement la société est en crise mais ce que nous n’acceptons pas c’est le bras de fer qu’on veut faire avec nous. Nous lançons un appel au président de la République d’œuvrer pour sauver cette grande société, poumon économique du pays. Au nom des travailleurs et des femmes, je lance un appel solennel au Chef de l’Etat d’intervenir pour mettre fin à cette crise qui perdure et qui menace la situation économique du pays, à son adresse le dicton qui dit « écoute ceux qui te font pleurer et n’écoute pas ceux qui te font rire ». Le message est lancé pour rappeler que les grévistes attendent l’intervention des plus hautes autorités de l’Etat afin de mettre fin à leur calvaire. Et les grévistes d’attirer l’attention des décideurs sur la malgouvernance de l’entreprise : »s’il y a gaspillage de biens publics c’est bien visible maintenant à la SNIM, avec l’absence de maintenance des engins dans les sites. On exploite des engins de dernière génération en disant aux employés, allez-y, si l’engin tombe en panne, mettez-le à la casse ». Preuve pour ces employés que la gestion de l’entreprise est des plus catastrophiques ces dernières années.

Différents témoignages indiquent que ce secteur névralgique de la société minière fonctionne au ralenti. Ces témoignages laissent entendre que la mine compte 858 travailleurs dont 38 RESPONSABLES. Sur 820 opérateurs d’engins miniers, seuls 35 vont réellement au travail. « Soit un pourcentage de 94, 88% contre 5,12% non grévistes », déclarent des représentants des travailleurs. « Nous avons même réussi à faire entrer dans nos rangs 5 opérateurs miniers jusque là réticents», ajoutent-ils.

Du côté de l’entreprise, on fait savoir que la grève n’est que partielle et n’entame en rien les activités de la société, la production minière et le trafic ferroviaire. Mais le subterfige, fait de l’appel à des retraités, est coûteux. Curieusement d’ailleurs, si les rotations des trains est maintenue, c’est bien parce que le nombre des vagons a été revu à la baisse. Tout semble être confiné dans l’apparence d’une « normalité » de l’activité de l’entreprise qui ne peut en être une étant donné que les centaines de travailleurs ne peuvent être tous remplacés.

Ces derniers ont aussi d’ailleurs dénoncé les méthodes de la SNIM qui, disent-ils, fait recours à des prestataires alors que le mois passé, elle avait indiqué qu’elles mettraient fin aux contrats de prestations. Ils regrettent les menaces de la Snim à travers les Contrats à Durée Déterminée . «Le 5 février passé, l’entreprise adressait une mise en demeure de licenciement aux détenteurs de ces contrats et trois jours après, elle leur ouvre des lignes de crédit de 100 à 900 mille Um », soutient une femme gréviste. AVANT d’ajouter « pendant Cinq ans, les délégués des travailleurs ont réclamé des prêts bancaires pour les CDD alors qu’ils n’ont eu que les indemnités d’ameublement ».

Visiblement l’entreprise qui a menacé de booter dehors ses employés de leurs maisons et de leur couper les vivres tablent sur le découragement des grévistes. Ces derniers semblent avisés et disent ne pas craindre les mesures d’intimdation et de menaces de tout genre. « Nous réclamons nos droits et nous les obtiendrons » assurent-ils.

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