Usine Lindt à Oloron : trois cents grévistes de plus en plus unis

La République des Pyrénées, 18 février 2015 :

Les jours se suivent et se ressemblent chez Lindt à Oloron, où près de 300 salariés sur 527 sont en grève depuis mercredi. Faute d’accord entre la direction et les représentants du personnel, le mouvement a été reconduit pour une journée supplémentaire ce mercredi.

Bien décidés à ne rien lâcher, ceux qui ont cessé le travail depuis mercredi dernier sont apparus extrêmement unis mardi. Et de plus en plus démonstratifs à l’intérieur comme en dehors du site. Pétards, corne de brume, chansons… Tout l’attirail du parfait manifestant – banderoles et drapeaux en moins – était en effet de sortie pour ce cinquième jour de grève. Et certains cadres ont été copieusement hués lors de leurs rares apparitions dans la cour.

Statut-quo

Il faut dire que la tension est montée d’un cran quand, après la première réunion de l’après-midi, ouvriers et agents de maîtrise ont appris que la direction était revenue sur son offre de 1,4 % d’augmentation pour proposer une formule plus complexe de 0,4 % plus 20 euros brut mensuels. « Ce qui revient grosso modo à la même chose », peste un gréviste à sa sortie de l’usine. « C’est pour ça qu’on continue. »

Parti pour durer, ce conflit a réellement démarré lors de la dernière semaine de janvier, avec un premier débrayage de trois heures, avant un second de même durée la semaine suivante. « Puis, la direction nous a fait une première offre à 0,3 %, c’est là que cela s’est envenimé », raconte Paul, 32 ans de boîte. « On a pris la décision de ne plus rentrer dans l’atelier. »

La direction ne répond pas

Près d’une semaine plus tard, l’intersyndicale CGT-FO-CGC a bien voulu faire un effort sur sa première revendication de 80 euros brut par mois. « On a proposé 60 euros pour amorcer le dialogue. La seule réponse qu’on a eu est : vous êtes fous. »

Contactée à plusieurs reprises, la direction de Lindt refuse toujours de s’exprimer. Elle serait néanmoins en train de voir avec le groupe si elle peut faire un effort supplémentaire en vue d’une reprise rapide du travail. « Bref, la seule avancée, c’est que le directeur est pressé », sourit un ouvrier. « Pressé qu’on fasse du chocolat. »

« Nous ne sommes pas des miséreux, on ne tend pas la main », conclut un autre, en précisant que le salaire de base se situe aux alentours de 1650 euros brut hors primes. « On demande juste une revalorisation de nos revenus un peu plus conforme aux bénéfices que l’entreprise dégage. »

Neufs jours de grève en 2008

Le dernier gros mouvement social à l’usine Lindt date de l’automne 2008 où près de 150 salariés avaient fait grève pendant neuf jours. Les forces de l’ordre étaient intervenues, gaz lacrymogène à l’appui, pour permettre aux camions d’accéder au site de production de chocolat. À l’époque, ils avaient obtenu cinq euros de plus sur la cotisation mensuelle de leur mutuelle, plus une augmentation de salaires de 13 euros net par mois avec rétroactivité. On n’est donc loin du compte, aujourd’hui, en nombre de jours comme dans la méthode mais ce mouvement reste unique car c’est la première fois qu’ouvriers et agents de maîtrise sont unis dans la même lutte.

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