Usine Lindt d’Oloron : production bloquée par la grève

La République des Pyrénées, 17 février 2015 :

« Vous venez pour la grève ? Désolé, je ne peux pas vous parler », esquive un salarié. Difficile d’en savoir plus, lundi matin, quand l’information d’un mouvement social durable au sein de l’usine Lindt a commencé à filtrer. Personne aux abords du site ne veut confirmer ce qui se passe à l’intérieur. « Nous n’avons pas le droit de nous exprimer », précise un autre membre du personnel à l’entrée du parking qui lui est réservé…

Et pourtant, il se déroule bien quelque chose derrière les grandes grilles bleues du site placé sous vidéosurveillance. À l’appel d’une intersyndicale CGT-FO-CGC, l’ensemble des salariés employés sur la chaîne de production, agents de maîtrise compris, a en effet cessé le travail depuis mercredi. « Seuls les intérimaires en mission assurent une très faible production », explique Patrick Aurisset, ancien délégué CGT. « Mais cela ne va pas durer longtemps, les cuves de chocolat sont presque vides. »

Une augmentation des salaires jugée trop faible

Le désaccord avec la direction porte sur les augmentations de salaires prévues dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Le chocolatier suisse a notamment annoncé en janvier avoir réalisé un chiffre d’affaires de 2,8 milliards d’euros en 2014, un chiffre en augmentation de 17,4% par rapport à 2013.

« On nous propose entre 22 et 28 euros brut par mois, soit 1,4 % de plus qu’aujourd’hui, plus une prime de 150 euros versée en janvier 2016 », précise le syndicaliste. « C’est inadmissible compte tenu des résultats du groupe (1) », poursuit-il. C’est la raison pour laquelle à l’issue d’une énième réunion, hier en début d’après, cinquante personnes environ sont sorties dans la cour pour manifester leur colère. Et faire en sorte que leur mouvement soit de plus en plus visible.

Comme à son habitude, la direction reste, elle, très discrète sur ce qui se passe à l’intérieur des murs. « On ne communique pas », fait-on savoir via le téléphone du poste de garde. Même silence plus tard dans la soirée de la part du directeur industriel Laurent Covet, qui participe aux discussions. Bien parti pour s’installer, ce conflit fera date en tout cas dans l’histoire locale de Lindt. « C’est du jamais vu depuis la création de l’usine en 1927 », avance Patrick Aurisset.

Pas de date de sortie

Pour l’heure, aucune reprise du travail n’est prévue, les deux parties s’étant quittées dos à dos lundi soir. Il va donc falloir s’y habituer. Si l’odeur tenace du chocolat en ville marque souvent l’arrivée du mauvais temps, son absence durable peut être aussi synonyme d’avis de tempête. Sociale elle.

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