Situation scandaleuse sur les chantiers dans le Canton de Vaud

24 Heures, 7 février 2015 :

Malgré le froid et la forte bise, des ouvriers travaillaient vendredi sur plusieurs chantiers. Une situation jugée «scandaleuse» par Unia Vaud. «Les délais courts sont déterminants lors de l’adjudication des travaux. Alors, pour éviter de payer des pénalités, les entreprises font travailler les ouvriers à n’importe quel prix, malgré le grand froid, au détriment de leur sécurité et de leur santé», s’insurge Pietro Carobbio chez Unia Vaud.

«Le chantier d’Implenia à la rue Haldimand, à Yverdon, c’est vraiment l’exemple à ne pas suivre, affirme le secrétaire syndical Jeronimo De Sousa. Jeudi, la direction des travaux a décidé que, techniquement, on pouvait bétonner à –5˚C. Nous avons pu constater que l’alarme des grues s’est déclenchée plusieurs fois à cause des rafales, mais le chantier n’a pas été interrompu.»

De son côté, Implenia indique avoir fermé le chantier en question à 15 h 30. A Lausanne, à la Sallaz, Implenia a estimé vendredi que les travaux pouvaient continuer sur la foi de son chef de chantier, qui relevait une température de –1˚C. MétéoSuisse indiquait pourtant –6˚C vendredi matin à 8 h, et une température de –4˚C à midi.

«Implenia ne tient pas compte de l’effet de la bise. La température ressentie est dans ce cas de l’ordre de –13˚C», assure Jeronimo De Sousa. «Un collègue a été convoqué ce matin pour son licenciement parce qu’il a demandé hier qu’on arrête le travail», affirme Philippe, un ouvrier présent à la conférence de presse d’Unia.

Son  collègue Roberto dit devoir travailler à mains nues lorsqu’il découpe des fers à béton: «Avec le froid, les crevasses saignent.» «Conduire une grue avec des rafales entre 70 km/h et 90 km/h, comme vendredi, c’est très dangereux, assure Marc, un grutier. La charge peut tomber sur les ouvriers situés au-dessous.»

A la veille de la renégociation de la CCT, le mois prochain, Unia demande que les critères permettant d’interrompre un chantier pour intempéries soient précisés, comme c’est le cas en Autriche.

Le syndicat propose aussi la création d’un «fonds intempéries» pour couvrir les deux jours de carence à la charge des employeurs avant que n’intervienne l’assurance-intempéries, ainsi que les 20% de salaire non indemnisés.

Unia demande aussi que les procédures d’adjudication prévoient que les jours chômés pour mauvais temps permettent de repousser d’autant les délais à respecter.

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