Archives quotidiennes : 03/02/2015

Après les attentats terroristes à Paris

Article publié dans « Communisme-Ouvrier n°51 » , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

L’attentat contre les locaux de Charlie Hebdo a fait douze morts le 7 janvier : les dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinsky, les journalistes Elsa Cayat et Bernard Maris, Michel Renaud invité de la rédaction, l’ouvrier de maintenance Frédéric Boisseau, les policiers Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet et le correcteur Mustapha Ourrad. Ensuite, le 8 janvier, c’est la policière municipale Clarissa Jean-Philippe qui a été tuée, suivie le 9 janvier des clients du supermarché casher de la Porte de Vincennes à Paris, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, et François-Michel Saada abattus parce que Juifs. A l’horreur d’une tuerie motivée par l’obscurantisme religieux et le racisme, s’ajoute une émotion d’autant plus forte chez les progressistes que Charb, Cabu, Honoré, Tignous et Wolinsky se sont à plusieurs reprises engagés au côté des travailleurs en lutte et des sans-papiers. Bien des dessins ont illustré et continueront d’illustrer des affiches, des tracts, des bulletins et des articles, dans les combats syndicaux, anti-militaristes, anti-racistes ou féministes. Mais au-delà des opinions politiques, nous rappelons une fois encore notre attachement à la liberté d’expression, y compris le droit au blasphème, et le droit de se moquer des « valeurs sacrées » des religions et de la patrie, des livres sacrés et des hymnes nationaux, des prophètes, généraux, papes, chefs d’Etat, etc.

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Des centaines de milliers, des millions de personnes, en France comme à l’étranger, se sont levées et ont manifesté suite aux tueries, indignées par les meurtres, par l’obscurantisme et l’antisémitisme. Il est à noter que les premières manifestations, dès le 7 janvier, étaient appelées par des organisations de défense des droits humains, des associations anti-racistes et des organisations syndicales, souvent à l’initiative de sections syndicales de la presse relayées par leurs structures interprofessionnelles. Quelles qu’aient été les récupérations politiciennes qui ont suivi, il convient de rappeler que les journalistes et dessinateurs assassinés luttaient à leur manière contre l’ordre social actuel ou du moins certains de ses aspects comme le cléricalisme, le militarisme, les attaques patronales ou l’extrême-droite. En clair, l’attentat du 7 janvier était un attentat commis par des obscurantistes religieux, au nom d’une idéologie d’extrême-droite, contre un journal de gauche. Quant à la tuerie du 9 janvier, il s’agissait clairement d’un crime antisémite.

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Swissport : débrayage à l’aéroport de Genève

Ats, 3 février 2015 :

Une partie du personnel de Swissport a débrayé lundi pendant près de trois heures à l’aéroport de Genève, provoquant des retards dans l’acheminement des bagages. Les employés refusent une détérioration de leurs conditions de travail.

Selon les syndicats, environ 400 employés de Swissport ont cessé le travail pour protester contre le démantèlement de leur Convention collective de travail (CCT) et contre la sous-enchère salariale. « Ce débrayage est un premier avertissement au jusqu’auboutisme du leader mondial de l’assistance au sol », ont affirmé le Syndicat des services publics (SSP) et Push.

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Le roi Abdallah, ce féministe « very discreet »

Article publié dans « Communisme-Ouvrier n°51 » , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Selon la Présidente du FMI, le défunt roi d’Arabie Saoudite était « de façon très discrète, un ardent défenseur des femmes ». Rares sont celles et ceux qui l’attendaient là : Christine Lagarde a choisi de placer son hommage au roi Abdallah sur le terrain des droits des femmes : « C’était un grand dirigeant, qui a mis en oeuvre de grandes réformes dans son pays, et de façon très discrète (in a very discrete way), il était un ardent défenseur des femmes (a strong advocate of women). C’était très progressif et approprié au pays, mais j’en ai souvent parlé avec lui, il y croyait fermement ». C’est un peu comme si on affirmait que le FMI est « de manière très discrète, un ardent défenseur des pauvres ».

Pourtant, le pays se classe au 130e rang (sur 142) du Global Gender Index produit par le Forum Economique Mondial. Les Saoudiennes restent des mineures sans droits ni liberté de choix. Elles ne peuvent ni étudier, ni travailler, ni voyager, ni bien entendu disposer de leurs propres ressources financières sans dépendre d’un homme de leur famille. L’Arabie saoudite est le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire.

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