Grève surprise chez IP3 à Charlieu

Le Pays, 31 janvier 2015 :

Jeudi 29 janvier, à 5 heures du matin, les salariés de la société spécialisée dans le domaine de la plasturgie se sont donné rendez-vous pour planter le piquet de grève, sans avoir au préalable prévenu la direction.

Deux heures et trente minutes « de bénévolat » par semaine, c’est non ! Rodolphe Gaspari, délégué CGT de l’entreprise IP3 refuse de travailler une demi-heure de plus chaque jour sans contrepartie, pour « récupérer les temps de pause », ce que demande la direction. Parmi les autres motifs de colère du représentant syndical : un changement de mutuelle pour lequel « on s’est fait bananer », et le passage de 22 à neuf jours de RTT (réduction du temps de travail).

« La direction n’a pas de parole »

« Travailler 40 heures par semaine, on s’en fiche ; mais on veut être payé pour 40 heures », argumente-t-il. D’après ses calculs, s’il signait le « pseudo-avenant » sur les 35 heures adressé à chaque salarié du site de Charlieu, il y perdrait 1.700 euros bruts par an.

Ce qui, bien sûr, ne fait pas plaisir non plus à ses collègues. « Les gens sont vachement remontés. Une grosse proportion des salariés non-cadres refusera de signer. » Mais il craint toutefois que la peur du chômage en fasse craquer quelques-uns : « Je peux le comprendre, la direction a prévenu que ceux qui ne signeraient pas seront licenciés économiques, mais j’ai la forte impression qu’ils jouent sur le bluff. »

Alors il réclame des « vraies négociations. Ils sont obligés d’en passer par là. » Pour l’instant, affirme-t-il, celles-ci, qui auraient été plus que limitées n’ont « abouti sur rien ». Un constat partagé par le secrétaire du CE (comité d’entreprise), Frédéric Chevron.

Lui aussi évoque « un semblant de négociation. Lors de la première réunion, il n’y avait pas de DRH (directeur des ressources humaines), il était au téléphone. Et lors de la deuxième, il n’est pas venu non plus. On a vraiment l’impression qu’on se moque de nous ! Il faut qu’on discute avec des gens honnêtes. Mais ils n’ont déjà pas tenu leurs promesses sur le treizième mois. La direction n’a même pas de parole… »

« Du chantage »

Lui aussi est tout à fait volontaire pour travailler plus : « On le veut, et la boîte doit le faire pour s’en sortir. Mais pas pour gagner moins ! Ces heures en plus devraient être payées en heures supplémentaires. Et là, si je signe l’avenant, je perds 1.400 euros à l’année, ainsi que tous les avantages » (primes de qualité ou d’assiduité par exemple).

Et selon lui, les choses sont claires : « Menacer de fermer l’entreprise si on n’accepte pas de signer, c’est du chantage ! Nous, on demande juste de pouvoir négocier. Mais on nous l’interdit. »

« Pas recroquevillés sur nos avantages »

Pourquoi ? « Je ne peux pas vous le dire, je ne sais pas. On nous répond qu’il n’y a pas le temps. On nous impose de signer l’avenant parce qu’il faut le faire, c’est vital pour l’entreprise, etc. Ils sont rentrés dans leur plan et il faut y aller, c’est comme ça ! »

Pour ce représentant du personnel, c’est un manque de respect vis-à-vis de certains salariés dont « certains ont plus de 30 ans d’ancienneté, et ont sauvé la boîte un paquet de fois. On a un savoir-faire. »

Toutefois, précise-t-il, « on est conscient qu’il faut évoluer. Nous ne sommes pas recroquevillés sur nos avantages. » Fred Chevron se dit d’ailleurs prêt à en lâcher certains. Il se souvient aussi que « la direction a fait des efforts pour nous maintenir en vie en 2013 ».

Mais il demande à ce que la direction non plus n’ait pas la mémoire courte. « Quand on a été racheté en avril 2012, nous nous sommes retroussé les manches pour perdre aucun client, après un incendie sur le site principal à Villefranche-sur-Saône. Ils avaient énormément besoin de nous. Alors que maintenant, on nous tape dessus, avec ce manque d’écoute incroyable ça passe mal. »

Alors, moins de 48 heures avant le début de la grève, mardi, il se montrait très confiant quant à la mobilisation de ce jeudi. Il comptait sur la participation d’une « quarantaine de grévistes », soit la totalité ou presque des salariés du site (excepté ses quelques cadres).

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