Pologne : La fermeture des mines polonaises finalement évitée

Equal Times, 22 janvier 2015 :

Après 11 jours de grève sous terre, des milliers de mineurs polonais ont mis fin à leur action et sont remontés à la surface le 17 janvier.

La fin de la grève est intervenue suite à une annonce officielle selon laquelle les mines et leurs emplois étaient sauvés.

Après plusieurs jours de point mort dans les négociations, syndicats et gouvernement sont finalement parvenus à un accord prévoyant le maintien en activité des mines de l’État, malgré le fait que celles-ci soient considérées non profitables par le gouvernement.

Selon le syndicat Solidarnosc, qui représente la majorité des mineurs, les grèves souterraines ont été commencées par environ 2000 mineurs, le 7 janvier, après que le gouvernement ait présenté ses plans de fermeture de quatre mines dans la région de Silésie, dans le sud de la Pologne, une décision qui aurait laissé près de 5000 mineurs sur le carreau.

D’après le gouvernement, les mines de charbon de la Kompania Weglowa (société publique) accuse des pertes d’environ 18 USD (15 €) par mètre cube de charbon produit, alors que la baisse des cours mondiaux du charbon et la hausse des frais d’exploitation la poussent au bord de la faillite.

Le gouvernement maintient qu’une restructuration sera nécessaire pour sauver l’entreprise qui procure de l’emploi à près de la moitié des 100.000 mineurs de charbon du pays.

Les mineurs qui ont mené leur grève sous terre étaient soutenus par des milliers d’autres mineurs et supporters en surface.

À Katowice, des manifestants ont bloqué les voies de chemin de fer. Une grève générale avait été planifiée pour le 20 janvier au cas où aucun accord ne serait atteint.

Un nouveau mouvement de grève a cependant pu être évité quand un accord a finalement été annoncé dans la nuit de samedi.

Dans un communiqué signé conjointement avec la Première ministre de Pologne, Ewa Kopacz, Dominik Kolorz, de Solidarnosc, a annoncé que des investisseurs seraient trouvés et que les mines ne seraient pas fermées.

Aucun détail n’a été fourni concernant l’accord mais Kolorz a indiqué que le plan de restructuration prévoit désormais une consolidation entre les mines et les producteurs d’électricité.

Une autre société énergétique de l’État, Tauron Group, figure au nombre des investisseurs potentiels.

La Première ministre Kopacz a déclaré dans un communiqué : « Je suis convaincue que grâce à la détermination des deux parties, nous pouvons rassurer les plus de 47.000 mineurs de la Kompania Weglowa sur le fait que cette épreuve harassante est désormais passée. »

Que le commencement

Madame Kopacz a, toutefois, ajouté que ceci ne marque « que le commencement » de grands changements dans l’industrie minière polonaise.

Pour les mineurs, la joie était mêlée d’incertitude. Beaucoup d’entre eux craignent, en effet, que ce ne soit pas la fin de leurs ennuis.

Certains politiciens ont exprimé des préoccupations similaires suite à l’annonce de l’accord, qualifiant celui-ci de « tactique dilatoire ».

« L’accord ne fait que faire gagner du temps au gouvernement et ne constitue pas une solution en soi », a affirmé Andrzej Olechowski, l’un des fondateurs du parti au pouvoir, Plateforme civique, lors d’une apparition télévisée sur la chaîne d’information polonaise TVN 24.

Pour le président de Solidarnosc, Piotr Duda, l’accord représente une « défaite » pour le gouvernement.

« Ça a été une leçon d’humilité pour la Première ministre et l’ensemble du gouvernement », a-t-il affirmé dans un communiqué.

« À présent ils veulent voiler les faits en affirmant que c’était « historique ». Je dirais plutôt que c’était hystérique – ils ont fait preuve d’hystérie. Ils avaient peur de voir les mouvements protestataires en Silésie se propager dans tout le pays. »

Il a aussi ajouté que la déclaration du gouvernement selon laquelle l’accord avait été atteint par le biais du dialogue était « inacceptable ».

« Deux milles personnes campées dans les mines, un mot d’ordre de grève aux quatre coins du pays, des manifestations populaires dans les rues de Silésie et tout ça, à leurs yeux, équivaut à un accord atteint par la voie du ‘dialogue’ ? Si cet accord a été conclu c’est uniquement et exclusivement grâce aux pressions des syndicats et du soulèvement populaire en Silésie », a-t-il dit.

Ewa Kopacz, à la tête d’un gouvernement provisoire constitué en novembre, a été comparée par certains chroniqueurs à Margaret Thatcher, suite à des déclarations où elle s’est engagée à vaincre les syndicats et à bloquer les subsides à l’industrie du charbon.

Olechowski fait, cependant, remarquer que depuis son investiture il y a seulement quelques mois, c’est la deuxième fois qu’Ewa Kopacz « cède aux revendications syndicales » après l’action collective des médecins polonais au début du mois, où le différend portait sur les contrats.

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