Procès de militants anti-esclavagistes en Mauritanie

PANA, 4 janvier 2014 :

Le procès devant le tribunal correctionnel de Rosso (200 km au sud de Nouakchott) d’une dizaine de militants antiesclavagistes de l’Initiative du mouvement abolitionniste (IRA), poursuivis pour « appartenance à une organisation illégale » et diverses autres infractions, a été le principal sujet commenté par la presse cette semaine en Mauritanie.

Parmi ces individus figure Biram Ould Dah Ould Abeid, leader du mouvement IRA, candidat arrivé deuxième à l’occasion de l’élection présidentielle du 21 juin 2014 et Prix des Nations unies pour les droits de l’homme 2013.

La juridiction mauritanienne a entamé l’examen de cette affaire le 25 décembre dernier, interrogé les prévenus qui ont plaidé non coupables, entendu le réquisitoire du procureur réclamant 5 ans et la prison ferme et écouté les plaidoiries d’une vingtaine d’avocats de la défense dénonçant « un dossier vide » et un procès « politique ».

Le dossier est mis en délibéré et sera vidé le 15 janvier prochain, selon le président du tribunal.

Rapportant les événements notés le dernier jour d’audience, mercredi, « Le Calame » signale « la dispersion par la police, d’une manifestation des sympathisants de Biram à Rosso ».

Les faits se sont produits « quelques minutes après l’annonce du renvoi de l’audience du tribunal correctionnel. Des milliers de manifestants exigeant la libération de Biram et de ses compagnons ont suivi le convoi des forces de l’ordre et se sont regroupés devant la prison civile de Rosso ». Ils ont été par la suite dispersé à l’aide de bombes lacrymogènes.

Quant au quotidien « l’Authentique », il a fait un focus sur le réquisitoire du parquet, qui a demandé « 5 ans de prison ferme, une amende de 540.000 ouguiya (environ 1800 dollars américains) et la confiscation de l’ensemble des biens appartenant à l’IRA ».

Le même organe rappelle les plaidoiries des avocats de la défense et une déclaration du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), un collectif de l’opposition, qualifiant le procès de « mascarade ».

Du côté de l’hebdomadaire « Biladi », on jette un coup d’œil sur le rétroviseur pour constater que le procès de Biram Ould Dah Ould Abeid et ses compagnons militants pour l’abolition de l’esclavage, « renvoie vers le passé de la Mauritanie, une trentaine d’années en arrière avec l’arrestation et le jugement des dirigeant du mouvement el Hor, dans la même ville de Rosso en 1980 ».

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