Grève à Leroy-Somer : neuf salariés au tribunal

Charente Libre, 30 décembre 2014 :

La direction demande l’expulsion des salariés qui bloquent Rabion depuis treize jours. L’audience de référé se tient en ce moment.

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150 salariés sont au tribunal en ce moment pour soutenir les neuf salariés convoqués.

La direction de Leroy-Somer a donné ce lundi en fin de matinée sa réponse aux grévistes qui tiennent depuis treize jours le siège de l’usine de Rabion à Angoulême: deux huissiers de justice et des assignations en référé devant le tribunal de grande instance.

Neuf salariés – principalement des élus CGT dont Éric Géraud, délégué syndical central – sont convoqués ce mardi après-midi à 14 heures au palais de justice. «Une belle démonstration du dialogue social de qualité que dit défendre cette entreprise: au lieu de nous écouter, elle nous envoie les huissiers!» fustige Nicolas Mien, délégué du personnel aux Agriers, ce lundi soir très remonté.

La direction entend ainsi faire expulser légalement les ouvriers qui n’ont jamais laissé retomber les braseros aux portes de l’usine depuis le 18 décembre, toujours mécontents qu’ils sont de la prime «inéquitable» proposée cette année. Après avoir fêté Noël ici, ils s’apprêtent à y réveillonner de nouveau mercredi soir.

«C’est le droit de grève qui est remis en cause»

Le fabricant de moteurs ne l’entend pas de cette oreille: «Il est absolument nécessaire de reprendre nos livraisons à notre premier client [Schindler, NDLR], justifie-t-il. Il existe une clause contractuelle qui instaure des pénalités de retard (on parle de 250.000 euros par jour, ce qui n’est pas officiellement confirmé ni infirmé) et malheureusement ce blocage aura à un moment donné un impact négatif sur le résultat.»

La direction se dit par ailleurs «pas du tout fermée au dialogue, elle se tient simplement au calendrier des négociations annuelles obligatoires dont la première réunion aura lieu le 7 janvier.»

Pour les ouvriers, la pilule est difficile à avaler. «Forcément, on le vit mal, reconnaît Nicolas Proust, secrétaire adjoint de la CGT, l’un des neuf convoqués en justice parce qu’il se trouvait, comme les autres, devant Rabion au moment où les huissiers sont venus constater le blocage, le 24 décembre. La direction nous prend pour des voyous qui empêchent le fonctionnement de l’usine alors qu’on lui a simplement demandé de venir discuter avec nous. Mais bon, au moins, notre mouvement l’aura fait réagir. C’est juste qu’on espérait autre chose.»

«Ce n’est vraiment pas la meilleure façon de rétablir le dialogue social», s’indigne Philippe Juraver, secrétaire national du Parti de Gauche venu ce lundi avec Jean-Paul Renoux, responsable du pôle entreprise et lutte sociale ainsi que de nombreux adhérents charentais du parti apporter leur soutien – «et celui de Jean-Luc Mélenchon» – aux mécontents.

Une «telle colère» est selon lui justifiée. «Ces salariés demandent juste un peu de reconnaissance et de dignité, c’est tout le contraire qui leur est donné», réagit celui qui dénonce: «C’est le droit de grève qui est remis en cause.»

La CGT indique d’ailleurs que la direction «a commis un délit d’entrave à l’exercice du droit syndical» en refusant l’accès des locaux à des élus du personnel. Le syndicat, épaulé par une avocate, entend bien faire valoir cet après-midi ses arguments. Et il y aura du monde pour soutenir les assignés. Un rassemblement est prévu dès 12h30. Mais de là à déplacer toutes les troupes des piquets de grève, il y a un faux pas que les grévistes se garderont bien de franchir.

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