Londres : La lutte pour préserver les logements sociaux

RTBF, 29 décembre 2014 :

Aujourd’hui, 8000 logements sociaux sont menacés d’expulsion dans la capitale britannique. Scénario catastrophe présagé par son maire Boris Johnson qui avait déclaré en 2010 qu’il y avait là un risque d’épuration sociale. Rencontre avec Lindsey Garrett, une mère célibataire de 35 ans, devenue au fil des mois et de son combat, un symbole.

L’histoire a des airs de conte social à la Dickens. En juin 2014, Lindsey Garrett apprend par courrier le rachat de son logement social par un investisseur américain qui lui annonce que son loyer va passer de 805 euros par mois à 1000 euros en août, l’objectif étant d’arriver après rénovation à 3000 euros en juillet 2015. Le choc. 93 familles sont concernées.

Très vite, Lindsey décide de se mobiliser. Elle contacte les médias, lance une pétition et crie son désarroi. « Cela a été une vraie bombe. Personne ne pouvait y croire. Beaucoup de familles vivent ici depuis des années. C’est une communauté. Ma famille loge ici depuis 22 ans. Moi, j’avais 15 ans quand j’ai emménagé ici. Ma fille Dolly est née ici… Tous nos repères sont ici dans ce quartier de l’est de Londres ».

Avec son salaire de 2200 euros à l’hôpital, Lindsey ne peut envisager l’augmentation de son loyer. Alors, elle se bat. Avec une telle force que l’acteur Russell Brand décide de lui apporter son soutien. Le 1er décembre, une grande manifestation a lieu dans le centre de Londres. Lieu choisi: l’entrée du bâtiment de la société Westbrook, un fonds d’investissement privé basé à New York qui a racheté les immeubles pour les rénover dans l’optique de les louer à la valeur du marché. Les médias sont nombreux. De quoi ravir Lindsey Garrett qui va déposer sa pétition de 300 000 signatures au cabinet du Premier ministre David Cameron.

Les conséquences de la politique de la Dame de Fer

Selon Michael Connarty, membre du Parlement, la situation des logements sociaux à Londres est problématique. « Quand Margaret Thatcher était dans le gouvernement conservateur, elle avait dit que c’est le marché qui décidait donc toutes les protections et lois ont été supprimées. C’est stupide parce que tous ces locataires n’ont aucun pouvoir contre les propriétaires qui ont leurs armées d’avocats et leurs financiers ».

Pas de pouvoir sauf celui de dire non… Lindsey Garrett a insisté. Et ça a payé. Contre toute attente, la victoire a eu lieu le 19 décembre. Sous la pression, la société qui avait acheté son logement social a jeté l’éponge. Aujourd’hui, c’est un centre caritatif indépendant de logements qui est devenu le nouveau propriétaire.

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