Des milliers de personnes expulsées de leur logements ou hors frontières…

Article publié dans « Communisme-Ouvrier n°49« , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Depuis plus de deux ans, les plus précaires parmi nous subissent de plein fouet les conséquences des politiques d’austérité touchant le droit des plus fondamentaux : le droit à un toit. Pendant que les profits spéculatifs, l’une des principales cause d’un marché locatif cher s’éloignant toujours plus des bourses des plus modestes, enregistrent une hausse de 70% ces 10 dernières années, pour la même période les expulsions locatives battent le plein avec près de 100 000 jugements d’expulsion chaque année, dont plus de 25% réalisées avec l’intervention des forces de répression.

Dans un pays où il y a 2 millions et demi de logements vides, participant à la spéculation foncière, pour près de 3 500 000 de mal-logé-e-s, l’Etat et la justice bourgeoise complices des capitalistes confirment que le droit à la propriété privée d’une minorité prime sur notre droit au logement et, globalement, à une vie décente.

L’Etat et les collectivités locales n’assument pas non plus leur obligation, issue d’une loi qu’ils ont eux-mêmes mise en place, d’assurer un hébergement d’urgence, été comme hiver, à toute personne quelle que soit sa nationalité. Néanmoins, la majorité des immigré-e-s, et notamment des demandeurs-euses d’asile, se retrouve sans aucune solution d’hébergement faute de suppression de places dans les CADA (centres d’accueil des demandeurs d’asile) et vient s’ajouter à cette armée de mal-logé-e-s et sans-abris. Et dans bien de villes partout en France, faute de financement après des cadeaux de 40 milliards d’euros faits aux patrons, des milliers de personnes, des familles entières, avec ou sans papiers, sont expulsés des centres d’hébergement d’urgence sans aucune solution de relogement. Condamnées à errer dans les rues, une partie de ces personnes et des personnes solidaires s’organisent, occupent des lieux vides et ouvrent des squats. La riposte de l’Etat et des municipalités, aidées par la justice et la police, est souvent rapide et sans équivoque : les expulsions, les expulsions et encore d’expulsions.

Cette logique antisociale meurtrière n’a pas de limites comme le confirment des dizaines de squats hébergeant des familles entières, précaires, étudiants expulsés ces dernières semaines, juste avant la trêve hivernale. De plus, à plusieurs endroits le plan « grand froid » ne sera enclenché qu’à partir de -5°C, ne garantissant pas les places pour tout le monde même si cela arrive.

Dans la région de Rhône-Alpes, comme dans toutes les régions de France, au-delà de celles et ceux qui sont déjà mal-logé-e-s ou sans abris, la situation d’expulsions des centres d’hébergement d’urgence concerne plusieurs milliers de personnes, ce qui a poussé un collectif d’organisations associatives et politiques de lancer un appel à une mobilisation régionale le 15 novembre dernier avec des revendications claires, entre autres : arrêt des expulsions sans solution de relogement, un logement pérenne et décent pour toutes et tous, et régularisation de tous les sans-papiers. Cet appel, qui a mobilisé à Lyon près de 500 manifestant-e-s, a été relayé ailleurs comme par exemple, à Toulouse, à Calais ou à Caen où l’AG de Lutte Contre Toutes les Expulsions avait décidé d’appeler à une manifestation le jour même qui a réuni plusieurs dizaines de personnes.

Le problème de refus d’hébergement aux demandeurs-euses d’asile et la chasse aux « sans-papiers » ainsi que les expulsions des territoires étant intiment liés dans cette logique d’Etat, antisociale mais aussi clairement xénophobe, plusieurs rassemblements ont également eu lieu devant les Centres de Rétention Administrative en solidarité avec les personnes détenues avant d’être expulsées de France, juste parce qu’elles n’ont pas la bonne carte d’identité.

Les attaques gouvernementales contre les centres d’hébergement d’urgence, contre les prestations sociales, contre la Santé ou le Social, et plus largement contre les conditions de vie et de travail des travailleuses et des travailleurs, des précaires, des privé-e-s d’emploi, des immigrés… nous concernent toutes et tous et font partie de la même logique anti-ouvrière et xénophobe de l’Etat bourgeois reproduisant à la chaine les mêmes divisions et nous poussant vers la misère. La question de mal-logement et d’expulsion des centres d’hébergement d’urgence étant largement sous-estimée, les journées comme celle du 15 novembre dernier, qu’elles soient massivement suivies ou pas, les réquisitions et les occupations des lieux vides montrent la solidarité et la volonté de résister et de riposter. Et participent activement à la sensibilisation du plus grand nombre aux luttes en cours.

Face aux politiques d’austérité, la politique antisociale et xénophobe d’Etat, contre la dictature bourgeoise et le capitalisme, notre seule arme est notre solidarité. La solidarité avec l’ouvrière occupant « illégalement » l’usine Jeannette à Caen comme une personne mal-logée occupant « illégalement » un squat à Lyon, avec la coiffeuse sans papier luttant contre son patron à Paris, comme un « immigré » se battant contre la Préfecture pour sa régularisation à Lille. Pour un monde meilleur. Pour le communisme.

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